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Sigur Rós, les invités de Game of Thrones

Mardi, 29 Avril, 2014 - 17:18 (Dernière maj : mar, 29/04/2014 - 17:24)
Sigur Rós, les invités de Game of Thrones
Crédits image : HBO
Sigur Rós s'invite au mariage du King Joffrey, une news qui méritait bien quelques digressions.

And so he spoke...

Les chiffres parlent d'eux même, 98,7% du lectorat de Crushover ont à ce jour vu l'épisode 2 de la saison 4 de Game of Thrones.

Sur cette somme colossale, seul 14,2% a été en mesure de reconnaitre notre bon Jónsi (devenu le chanteur borgne le plus connu de la planète après un départ à la retraite de JM) et de ses comparses grimés en ménestrels de banquet.

Au final c'est tout de même 67,8% d'entre vous qui semblent avoir noté que le générique de fin de l'épisode était plutôt badass.

Le moins que l'on puisse dire c'est que ce n'est pas faux , après une reprise par The National , c'est aujourd'hui (à prendre au sens figuré) Sigur Rós qui nous gratifie d'une bonne petite cover du "The Rains of Castamere" qui illustrait les célèbres "noces pourpres" (aka 309) de la saison 3.

Sigurrós Birgisson

Tout cela nous donne l'occasion d'aborder un groupe que, peut-être, certains d'entre vous ne connaissent pas encore. Plantons le décor.

Si l'on devait définir un "son" Sigur Rós se serait avant tout par sa musicalité et sa sensibilité à fleur de peau. Fort de ces éléments et d'une première partie de la tournée "Kid A" (excusez du peu) de Radiohead, le monde découvre ce groupe Islandais un poil atypique: un chanteur à la voix de fausset qui joue de la guitare avec un archet, un batteur qui, conquis par l'idée, s'est aussi mis à l'archet pour faire sonner ses cymbales et un bassiste qui, du coup, a récupéré les baguettes pour jouer de son instrument.

Cerise sur le gâteau, l'invention du volenska, une langue dénuée de sens et imaginée par Jónsi. A la sonorité proche de l'islandais, le volenska est avant tout un outil de travail. Chaque chanson du groupe est ainsi composée dans cette "langue" avant d'être traduite en islandais ou, plus rarement, en anglais. L'écriture chez Sigur Rós est donc elle aussi dirigée par le son et la mélodie engendrée. Sans traduction musicalement pertinente, la chanson est publiée directement en volenska, expliquant la presque trentaine de titres non-traduisible dans la discographie du groupe (ce qui ne devrait pas heurter grand monde en dehors des quelques 300 000 ressortissants islandais).

Un excellent moyen de pénétrer l'univers de Sigur Rós est le documentaire faisant suite à la tournée internationale pour l'album Takk. Tourné en 2006, on y découvre un groupe parcourant son pays natal afin de remercier ses compatriotes par l'intermédiaire d'une série de concerts gratuits. Des paysages sublimes, de la bonne musique et une palanquée de pulls mohair, prévoyez large avant de vous lancer, la vidéo avoisinant tout de même les 1h40.

Bon an, mal an, les albums s'enchainent depuis 1997 avec une fraicheur intacte pour Jónsi et sa bande. En 2012, année de sortie de Valtari, la crème tourne et l'album laisse le goût amer d'un groupe qui peine a évolué. Ecrit dans la douleur et constitué de fond de tiroir, l'album aura principalement marqué les esprits par son Valtari mystery film experiment : 12 réalisateurs, 5 000€de budget par tête de pipe et carte blanche. Parmi ceux-ci, l'effort d' Alma Har'el,  tendance mi-arty, mi-wtf avec un Shia LaBoeuf  voltigeant dans son plus simple appareil (pas de jaloux y'a aussi des boobs).

Un départ de claviériste et une année plus tard, Kveikur surgit. Véritable chevauchée sonore, l'album détonne par son côté sombre tout en justesse, alternant accents caverneux et envolées mélodiques.

Un album qui signe un renouveau certain pour ce groupe atypique et qui mérite amplement les 48 min et 09 sec qu'il demande.

La réédition qui va bien

Pour les plus gourmands d'entre vous et comme la saison est propice, un petit "easter egg" avec l'annonce du repressage pour ses 15 ans d'Ágætis byrjun (traduisible en "Un Bon Début", qui a dit qu'islandais LV2 était inutile?). Cette bonne petite réédition de l'album le plus emblématique du groupe sortira le 6 mai prochain chez XL Recordings.

Pour fêter cette nouvelle qui fait bien plaisir, on s'accorde un petit Svefn-G-Englar (que google translate me traduit en un "Sommeil-G-Anges" interprétable en "Somnambule") en guise de conclusion :

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