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Pilot : Star-Crossed, E.T. rentre à la maison !

Jeudi, 20 Mars, 2014 - 10:50 (Dernière maj : mer, 02/07/2014 - 15:01)
Pilot : Star-Crossed, E.T. rentre à la maison !
Crédits image : The CW
Cette nouvelle série de The CW devait apporter un vent d’air frais dans le paysage des extraterrestres. Un pilote plus tard, c’est la catastrophe.

Chaine américaine appartenant à la Warner et à CBS, The CW s’est spécialisée depuis des années dans les séries pour ados avec quelques noms célèbres à son actif : Smallville, Veronica Mars, Gossip Girl, les Frères Scott, Gilmore Girls, les reboots de Beverly Hills et Melrose Place. Elle diffuse actuellement Arrow, Supernatural, Vampire Diaries, The Originals, l’atroce Beauty and the Beast, l’abominable The Tomorrow People et la plus renommée Hart of Dixie. Un ensemble de séries qui me donnent globalement la nausée, pour un public vraiment ciblé dont je ne fais pas du tout partie.

Pourtant, je ne me suis pas lancé dans Star-Crossed avec des aprioris, n’ayant tout simplement pas grillé qu’il s’agissait d’une production CW. 45 minutes plus tard, j’avais une gastro. Oui, mais pourquoi ?

Star-Crossed raconte l’arrivée à Bâton-Rouge d’un vaisseau extraterrestre peuplé d’Atriens, les derniers survivants de leur espèce, des Aliens qui ressemblent à des beaux gosses hyper propres sur eux et avec des tatouages super tendance sur le visage. Ils ont fui leur planète au bord de l’extinction et espéraient se refaire une santé en harmonie avec les Terriens, qui les accueillent avec des armes automatiques. Pendant le massacre, Roman, un petit Alien de 6ans s’enfuit et trouve refuge dans le cabanon de la famille d’Emery, une petite fille de son âge. Le lendemain matin, l’armée arrive, explose Roman et l’embarque.

L’aventure se déroule dix ans plus tard. Les Atriens survivants ont été parqués dans une zone fermée, subissent un couvre-feu, sont rejetés par les humains, mais l’État veut les intégrer. Sept ados sont alors envoyés dans le lycée du coin, pour apprendre et se faire de nouveaux copains. Roman en fait bien évidemment partie et il se retrouve dans la classe d’Emery, permettant à l’Amour de faire ses ravages à coup de seau de guimauve.

"Aimons-nous dans le dos."

Le décor étant planté, voyons maintenant pourquoi Star-Crossed est une abomination télévisuelle. Ne trouvant aucun moyen d’aborder le sujet des extraterrestres de manière originale, la créatrice de la série, Meredith Averill (pourtant auteur de deux bonnes productions, Happy Town et The Good Wife) est allée chercher du côté de l’hommage aux films et aux séries du genre. Déjà ici, le bât blesse. L’hommage ne vire qu’au massacre, ou au mieux, au plagiat sans âme. Le crash du vaisseau est tiré de District 9, comme les colonies d’Aliens, victimes du joug humain. La découverte du petit Roman, de nuit dans un cabanon, n’est qu’une scène d’E.T. de Spielberg, au plan prêt. La ville Alien a des airs de Blade Runner. La bande de lycéens venus de l’espace fait clairement penser à Twilight et Roswell. Les liens avec cette dernière série sont d’ailleurs multiples.

Si l’intrigue n’apporte rien de neuf, elle n’est même pas développée avec talent. Tout est prévisible, avec une mise en scène low cost. Ce n’est malheureusement pas le pire. Star-Crossed est un assemblage de clichés indigestes, récurrents dans les productions nauséabondes de la télévision américaine. Les acteurs, tous proches de la trentaine, jouent des adolescents de 16 ans et n’ont aucune crédibilité. Un grand classique, particulièrement navrant. Les garçons sont tous des playboys ambulants, au corps parfait. Les demoiselles sont abusivement maquillées, toutes superficielles. Chacun à son rôle formaté à tenir : l’héroïne niaise, le héros bad boy, mais au fond très bon, la brute, l’ado méchant de service, la bimbo peste, la meilleure amie malade, le pote noir, la miss rebelle, tous échappés de Twilight et des autres séries de The CW. Un casting sans aucune prise de risque, sans aucun charme. De fait, on regarde ces adultes aller à l’école sans jamais y croire et on ne s’attache pas. Si on ajoute une histoire qui laisse de marbre, vue et revue, sans aucune patte artistique, on peut facilement imaginer que la série n’apportera jamais cette petite dose de palpitations qu’on était en droit d’attendre.

Au final, j’ai rarement autant souffert devant un pilote et j’en suis sorti en me demandant deux choses : « C’est encore possible de faire  ça ? Encore possible de regarder  une telle série quand on dépasse les 20 ans ?  » Visiblement, oui, la série semble avoir trouver son public et pas uniquement chez les très jeunes.

Verdict : Fuyez, pauvres fous !

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