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Pilot : Daredevil

Samedi, 11 Avril, 2015 - 21:19 (Dernière maj : dim, 12/04/2015 - 09:58)
Pilot : Daredevil
Crédits image : Netflix
Netflix s'attaque à l'univers Marvel et signe une entrée en matière très séduisante. Parlons donc ce pilote.

Les critiques abondent tous dans le même sens : Daredevil est une réussite. Il fallait donc jeter un oeil dessus pour vérifier si la touche Netflix pouvait sortir Marvel de la mélasse télévisuelle qui est la sienne. Si Agents of S.H.I.E.L.D. sort un peu la tête de l'eau, Marvel n'a pas su séduire avec Agent Carter, mini série dédiée à Miss Peggy, madame Captain America. Clichés continuels, intrigues inintéressantes, interprétation douteuse (Hayley Atwell n'a jamais aussi mal joué). Marvel semblait incapable de nous offrir un spectacle digne de son nom sur nos petits écrans. C'est alors qu'est arrivé Netflix et son projet de multiples mini-séries. Le papa d'House of Cards s'attaque en effet à l'équipe des Defenders : Daredevil, Jessica Jones, Iron Fist et Luke Cage. Chacun aura le droit à une mini-série de treize épisodes avant le bouquet final, sauce Avengers, avec l'équipe au grand complet. Nous étions perplexe, malgré de jolies annonces de casting.

Artwork par Marv Castillo

C'est donc Daredevil qui lance la charge. Disponible en intégralité depuis vendredi, la série ne s'offre que de beaux échos. Il faut dire qu'elle tranche immédiatement les liens avec les autres séries Marvel, voire comics dans leur ensemble. Daredevil est une production sombre, violente, plaçant au coeur de son intrigue un héros aveugle constamment mis en difficulté dans les rues infâmes de New York. Daredevil saigne. Daredevil souffre. Le Watchmen du pauvre sans le génie d'Alan Moore. Du Marvel avec la qualité Netflix.

Pourtant, on pouvait craindre le pire avec la première scène de ce pilote : Matt Murdock est un enfant allongé au milieu d'un terrible accident de la route. Il perd l'usage de ses yeux dans les bras de son père, suite aux projections de produits toxiques. Une scène dramatique trop classique, faisant écho à la mort des parents Wayne, au décès de l'oncle Ben, à l'araignée qui mord Peter Parker. Mais par chance, la suite n'est que noirceur, comme le quotidien de Matt Murdock, devenu adulte et jeune avocat dans un New York encore endeuillé par l'assaut extraterrestre d'Avengers. Car oui, Daredevil s'inscrit parfaitement dans l'arc Marvel développé au cinéma. C'est donc un cousin du S.H.I.E.L.D., de Thor et du clown Tony Stark. Un cousin germain, électron libre dans une famille qui soigne les apparences. La série Daredevil s'en moque. Son héros prend des coups, massacre ses adversaires. Son meilleur ami n'est pas qu'un comique. L'héroïne laisse entrevoir un sein (dans un Marvel !). Le méchant se cache. L'intrigue se met lentement en place. On comprend alors très vite que ce pilote n'est que l'introduction à un long voyage sombre, et non une succession d'enquêtes expédiées en 45 minutes. Daredevil est alors plus proche d'un Better Call Saul (autre production Netflix) qu'un Agent Carter. Nous voilà rassuré. Cette série a donc probablement quelque chose à nous raconter.

Côté casting, Deborah Ann Woll a du mal à se soustraire de l'étiquette True Blood mais son personnage ne se veut pas étouffant. Elle aura donc le temps de s'affirmer. Nos regards étaient surtout posé sur Charlie Cox, le monsieur Daredevil. Transfuge de Boardwalk Empire (où il était excellent), il devient le ninja aveugle en quelques instants, faisant complétement oublier le douloureux périple de Ben Affleck. Au final, Charlie Cox pourrait bien être une des meilleures idées casting de Marvel. Un incontournable pour Civil War? Et les méchants alors? Ils semblent directement sorti de la mafia arpentant les rues du Gotham de Nolan. Comme New York d'ailleurs, rarement aussi sombre.

Si Daredevil est limitée par son genre, celui du super-héros, elle met déjà ses rivales à quelques longueurs. Le tout en un seul épisode.

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