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Monsieur Babadook, l'effrayant raté

Samedi, 9 Août, 2014 - 14:33 (Dernière maj : sam, 09/08/2014 - 14:33)
Monsieur Babadook, l'effrayant raté
Énième film d'épouvante, Monsieur Babadook commence de la meilleure des manières pour finalement disparaître dans les ténèbres du genre.

Amelia est une mère de famille qui souffre. Son unique enfant est né le jour où son père est décédé, alors qu’il l’emmenait à la maternité. Comble de l’horreur. Depuis près de sept ans, elle subit la vie, enfermée dans le manque de l’être perdu et la solitude. Pour couronner le tout, son petit Samuel est détestable. Renvoyé de l’école, il l’empêche de dormir, construit des armes, l’éloigne de son unique sœur, maltraite les autres enfants. Elle ne l’aime pas. Le rejette. Souffre en silence. Un cauchemar.

Monsieur Babadook a donc tout pour être un film australien intimiste au sujet fort et intéressant, emmené par un duo d’acteurs convaincants, à l’interprétation juste.

Et puis soudain, le drame.

Samuel découvre un livre rouge sur la bibliothèque, le fait lire à sa maman et le cauchemar (du spectateur) commence. Sa lecture libère un énième démon improbable et fade, Monsieur Babadook, qui tire subitement le film dans la catégorie des films d’épouvante calqués sur les modèles que sont les cultes Amityville et Shining, et plus récemment The Ring, Paranormal Activity, Insidious, Sinister et le très bon Conjuring. Oublions le point de départ prenant et prometteur, place au convenu, au lassant et déjà-vu.

Monsieur Babadook est donc un film qui avait tout pour réussir et qui se perd dans le conventionnel cliché du genre pseudo effrayant. Tous les ingrédients sont là : une famille isolée, une vieille maison sombre, un escalier en bois, un mobilier daté, une cave, une télévision qui ne diffuse que des vieilleries, de longs plans sombres où rien ne se passe, des murs qui grincent, une porte qui s’ouvre. Rien de neuf sous le soleil.

Si Jennifer Kent, la réalisatrice, reprend tout sur ses modèles, elle n’en profite nullement pour tirer son épingle du jeu. Cette recherche permanente de la peur ne fait jamais mouche. Son démon se dévoile trop vite, ôtant toute surprise. On traverse alors le film sans jamais être étonné, jusqu’à une fin qui échappe à toute compréhension. Car c’est souvent le problème de ce genre de films : quand l’effroi passe, il faut bien emmener l’intrigue quelque part et c’est souvent l’occasion de se perdre en chemin.

Babadook avait promis d’être le Conjuring de l’été. Il n’attendra jamais son modèle. Il aura au moins eu le mérite d’avoir eu le point de départ le plus riche et audacieux du genre, château de cartes qui s’effondre dès l’entrée en scène du paranormal. Car c’est vraiment là le drame du film : tout y est bon excepté le fantastique. C’est un peu comme se plaindre de la présence de bagnoles dans Fast and Furious ou de scènes de combat dans The Raid. Autrement dit, Babadook a tout faux.

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