SVP Utilisez une version d'Internet Explorer plus récente ou choisissez un autre navigateur.

Auteur

Partager

Les temps forts de l'année ciné

Mardi, 30 Décembre, 2014 - 11:32 (Dernière maj : mar, 30/12/2014 - 12:38)
Les temps forts de l'année ciné
Clap de fin sur une année 2014 très riche en événements. Voici les dix plus marquants dans une rétrospective complète.

L’année 2014 s’achève et il est grand temps de faire une petite rétrospective des douze mois ciné que nous venons de vivre, entre tristesse, coups de tonnerre, jolis succès et phénomène glacé, le tout en dix points marquants. Silence, ça tourne.

10. LES GARDIENS DE LA GALAXIE

On a bien cru que l’année Marvel serait comme les précédentes : des films à succès, engrangeant les dollars à la pelle mais décevant majoritairement le public. Il n’en a rien été. Après un Iron Man 3 qui a divisé et un Thor 2 très mauvais, la nouvelle merveille de Disney a pris des risques avec un Captain America 2 plus audacieux. Cela n’était rien comparé aux Gardiens de la Galaxie.

La grosse surprise de l’été est venue apportée un vent de fraîcheur inattendu dans le monde des comics au cinéma. Drôle, avec ses nouvelles têtes, une bande originale parfaite et un univers galactique plutôt rare, plus proche d’un Star Trek que d’un Avengers, le film de James Gunn a rencontré son public, avec une grande majorité très satisfaite du rendu.

Avec 770 millions de dollars au box-office à travers le monde, c’est le troisième plus gros succès de Marvel au cinéma. Son réalisateur est tendance, d’autant qu’on peut lui attribuer une immense partie de la réussite du film. Chris Pratt est aussi sur un nuage. Inutile de préciser que la suite est donc très attendue.

9. Michael Bay explose le box-office

Dans la guerre qui opposait les blockbusters américains cette année, Transformers 4 est venu dicter sa loi à Godzilla, X-Men, Spider-Man et Captain America. Il est fort ce Michael Bay. Il a certes renouvelé son casting, plaçant Mark Wahlberg en patron, mais n’a rien changé à la recette qui marche : scénario simpliste, explosion, gros robots et pubs partout. Le public était au rendez-vous puisque le film est le seul à dépasser le milliard au box-office cette année.

Néanmoins, il y a une ombre au tableau : les critiques ont été très dures, autant de la part de la presse que des spectateurs. Michael Bay a pris cher, préférant passer le flambeau pour la suite, mais il a assuré une belle durée de vie aux Autobots et aux Decepticons, malheureusement.

8. La belle année de Scarlett Johansson

C’était son année ! L’icône Scarlett Johansson a fait parler d’elle tout le temps. Elle annonce sa grossesse, elle critique les Français, elle se fait offrir un César d’honneur, elle se marie et elle marque les esprits dans nos salles obscures.

Tout commence chez nous avec l’excellent Her où la belle nous ravage le cœur avec sa sublime voix en campant une délicieuse intelligence artificielle. Elle porte ensuite Captain America 2 sur ses épaules puis fait parler avec Under The Skin, premier film où elle apparaît entièrement nue. On ne parle du film que pour ça, jusqu’à sa sortie. Là, sa performance et la qualité du film de Jonathan Glazer font le reste. Elle incarne l’héroïne d’un des meilleurs films de l’année et impose le respect, avec probablement son rôle le plus abouti.

Mais voilà, Under The Skin ne rencontre pas le grand public. Il faut alors se tourner vers Luc Besson pour que Scarlett s’impose comme Diva de l’année. Malgré sa qualité plus que douteuse, Lucy est un carton en France (troisième plus gros succès de l’année) et propulse son actrice au sommet. C’est son plus gros succès dans un film où elle tient le premier rôle.

7. Marvel et DC Comics sont partout

Vous n’aimez pas les super-héros ? Suivre bon nombre de sites ciné a donc dû être bien douloureux cette année. Même si DC Comics n’a pas sorti de film, que Marvel n’a pas balancé l’artillerie lourde, nous n’avons entendu parler que d’eux. Les deux géants du comics préparent en effet l’avenir et en parlent beaucoup. Mais genre vraiment beaucoup.

Annonces au Comic Con, annonces en dehors du Comic Con, rumeurs habillement manipulées, révélations de calendriers, de castings, d’intrigues, bandes annonces, etc. Marvel et DC ont frappé fort en 2014, nous faisant déjà frôler l’overdose.

Une chose est en tout cas indéniable : les annonces impressionnent. Benedict Cumberbatch, Will Smith, Tom Hardy, Gal Gadot, Margot Robbie, Viola Davis, Elizabeth Olsen, Paul Rudd, Kate Mara, Jared Leto, The Rock et d’autres vont enfiler de célèbres costumes dans les années à venir. Il semble bon d’être un super-héros pour être un super acteur à Hollywood.

6. Qu’est-ce qu’on a fait au box-office

C’est de loin le plus gros succès de l’année au box-office français : Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu a été un carton. En 27 semaines d’exploitation, le film de Philippe de Chauveron a attiré 12,2 millions de Français en salles, profitant d’un excellent bouche-à-oreille, le film se permettant même l’exploit de faire plus d’entrées en seconde semaine qu’en première.

Foudroyé par des échecs à la chaîne et son affiliation avec Nicolas Sarkozy, Christian Clavier revient en forme, jouant justement de son image de bourgeois franco-français un tantinet puritain. Le film s’amuse des clichés, grattant là où ça fait mal dans une France multi-ethnique qui a du mal à s’assumer. Pas toujours subtile et malin, le film fait amplement rire et c’est visiblement bien suffisant.

5. Le règne des trailers

Plus que les autres années, les bandes annonces sont apparues comme un enjeu de taille dans la stratégie de promotion des films à venir, avec une nouveauté, la communication autour du nombre de vues.

Tout a commencé avec le premier trailer du futur carton 50 Nuances de Grey, puis ont suivi Fast and Furious 7, Jurassic World, Terminator Genisys, Age of Ultron et bien évidemment Star Wars 7.

Le trailer est devenu un événement. Lors du Comic Con, puis lors de la Blizzcon, nous avons attendu les premières images du film Warcraft sans qu’elles n’apparaissent jamais.

Pour la suite de Avengers, la stratégie de Marvel était de relancer la série Agents of S.H.I.E.L.D. en balançant la première bande annonce pendant la pub d’un épisode mais celle-ci a fuité sur les internets, poussant le géant du comics a en faire une version longue qui a tiré vers le haut les audiences de son show TV.

Dans cette jungle sans pitié, celle de Star Wars 7 n’a pas d’égal : jamais un trailer n’a créé un tel buzz. De très nombreux sites lui ont accordé un article, ceux dédié au cinéma bien évidemment mais aussi d’autres plus surprenants, comme nos amis de Judgehype, pourtant spécialisés dans les jeux vidéo Blizzard. Volonté de faire des clics ? Non, simple révélateur de ce que Star Wars représente, un phénomène. Cette vidéo a battu tous les records même si les chiffres « officiels » placent encore Age of Ultron devant.

En 2014, les géants hollywoodiens ont également créé le buzz autour de l’arrivée de ces bandes annonces, avec des annonces, des timers, des affiches animées annonçant la mise en ligne de la vidéo, des teasers du trailer. Le prochain Terminator a fait fort dans ce domaine, il en a même trop fait.

Et puis, il y a celles qui sont arrivées discrètement et ont calmé tout le monde, Mad Max Fury Road et Inside Out de Pixar en tête.

4. Le phénomène de la Reine des Neiges

Le film animé de Disney est sorti à l’occasion des fêtes de Noël 2013 mais c’est bel et bien en 2014 que la Reine des Neiges est devenu un incroyable succès. Pourtant, rien ne laissait transparaitre un tel raz de marée. La promotion du film avait été discrète, avec peu de bandes annonces.

Peu importe, le public a foncé sur les aventures d’Elsa et Anna, et ceci même pendant les vacances de février … et d’avril ! Réalisé par Chris Buck et Jennifer Lee, Frozen est devenu le plus gros carton du cinéma d’animation, détrônant Toy Story 3. Pour un budget estimé à 150 millions de dollars, le film a ramené 1,2 milliards de billets verts dans les poches de Mickey qui n’en attendait pas tant, lui qui était déjà aux anges après le succès de Raiponce (590 millions). La Reine des Neiges termine troisième au box-office américain des films sortis en 2013, à quelques millions seulement des deux premiers. 400 millions sur le sol américain, c’est énorme.

Mais voilà, le phénomène est loin de s’arrêter aux salles obscures, il prend même tout son sens ailleurs. Lors de sa sortie en DVD / blu-ray, le film a dépassé les 3 millions d’exemplaires écoulés aux USA en moins de 24 heures, du jamais vu. En France, le film a battu le record de ventes de Ratatouille, tenu depuis 6 ans. On ne peut pas être étonné alors que le film s’offre un Golden Globes et l’Oscar du meilleur film d’animation.

Une des raisons de son succès vient de sa bande originale, qui a su séduire de manière démesurée le jeune public. Le CD est resté en tête des ventes aux USA pendant plus de 10 semaines, marchant ainsi sur les pas de Titanic. Let It Go, chantée par Idina Menzel, a été chantonnée par des millions de petits terriens, comme aucune autre chanson en 2014. Jennifer Lee s’est même excusée récemment d’avoir pourri autant les oreilles des parents. 46 millions de vues pour « Libérée, délivrée » chez nous sur le seul YouTube officiel de Disney, 390 millions pour la version US alors que la version alternative de Demi Lovato approche les 300 millions sur sa chaine EVO.

Disney a alors parfaitement surfé sur la vague en balançant dans nos supermarchés des tonnes de produits dérivés : barbies, poupées, jeux de société, livres, figurines, cahiers de coloriage, tout y est passé et s’est vendu comme des petits pains. Une récente étude indiquait que 30% des petites filles américaines allaient se faire offrir un cadeau La Reine des Neiges à Noël. Monstrueux.

En France, ce phénomène a été parasité par celui de Violetta, autre création Disney, pas encore arrivée chez l’Oncle Sam. Votre fille est trop jeune pour Elsa ? Aucun souci, Disney cartonne également sur les 2-4 ans avec Princesse Sofia. Poussez-vous, le marché est à lui.

3. Le Fappening tombe le bas

Trois photos dénudées de Scarlett Johansson avait fait les gros titres en 2011. Que dire alors du Fappening 2014 ? A la rentrée, ce sont des centaines d’autres clichés qui sont apparus sur la toile, dévoilant l’intimité de dizaines de stars américaines, des actrices, des athlètes, des top models, des chanteuses, et pas des moindres, comme Kate Upton, Amber Heard, Emily Ratajkowski, Kaley Cuoco (Toc toc Penny), Rihanna, Victoria Justice, Vanessa Hudgens, Hayden Panettiere, Lizzy Caplan (de Masters of Sex), Teresa Palmer, Yvonne Strahovki, Kim Kardashian, Demi Lovato (de la Reine des Neiges), Aly Michalka ou encore Ashley Benson (de Pretty Little Liar).

Ce qui n’était qu’une coquine curiosité de notre part a pris des proportions importantes : Une des journaux, intervention du FBI, plaintes contre Twitter et Google, inquiétude d’Apple, traques des clichés sur le web. Il faut dire que les conséquences sont dévastatrices pour certaines, avec des carrières pouvant être brisées dans une Amérique puritaine qui ne voit pas d’un bon œil ses jolies stars faire ce qu’elles veulent de leur corps dans le cadre privé. Car, oui, il s’agit bien ici d’un viol de l’intimité de ces dames, profondément condamnable.

Certaines prennent plus chers que d’autres, car le contenu passe souvent du sexy au porno. La délicieuse et talentueuse Jessica Brown Findlay (photo) de Downton Abbey aura malheureusement du mal à s’en remettre alors que les vidéos balancées sur la toile nous glissent au cœur de sa vie de couple, suscitant un malaise indéniable. Il en va de même pour Zoe Kazan, l’épouse de Paul Dano, et plus encore pour l’actrice de Suits Abigail Spencer.

Bien évidemment, si le Fappening a pris une telle proportion c’est qu’il a placé en tête de gondole l’icône Jennifer Lawrence, dont la nudité n’avait jusqu’à présent jamais été affichée. Des dizaines de photos, envoyées à son partenaire Nicholas Hoult, ont été dévoilées, provoquant un énorme buzz lubrique, l’obligeant à retarder la promotion de Hunger Games. Des photos sexy en tenue de Mystique ont même contraint la FOX à défoncer publiquement les idiots qui réclamaient son éviction de la saga X-Men. Finalement, Jennifer Lawrence est sorti de son silence pour condamner avec ferveur les voleurs et les voyeurs. Si beaucoup d’entre nous l’ont davantage vu nue qu’habillée cette année, cela n’est nullement venu briser son incroyable élan. Elle est la personnalité d’Hollywood en tête du box-office mondial en 2014, avec 1,4 milliard de dollars de recettes pour deux films. Si rien ne semble l’abattre (et tant mieux), espérons qu’il en soit de même pour les autres victimes de cette saloperie.

2. Robin Williams, Peter Pan n’est plus

11 aout 2014, il est 23 heures en France quand le coup de massue tombe. Les réseaux sociaux s’enflamment. Un acteur quasiment oublié vient de nous quitter et se rappelle à nous dans la douleur. Robin Williams s’est suicidé à l’âge de 63 ans, seul dans sa maison de Tiberon.

Les réactions s’enchainent, l’émotion est là, sincère. Si l’acteur était délaissé depuis trop d’années, il n’en restait pas moins un monument de notre enfance, le héros de Jumanji, Hook, le cercle des poètes disparus, Madame Doubtfire, Good Morning Viet-Nam. Logiquement, tout le monde a un petit mot à lui adresser, de monsieur et madame tout le monde à Barack Obama, en passant par Billy Crystal, poignant aux Emmy Awards.

Peu de temps après nous avons appris que son suicide était le résultat d’un accès de démence liée à une maladie. Au moins, Peter Pan ne nous aura pas abandonné volontairement.

1. The Interview, le regret de Sony

Personne ne pouvait imaginer un tel bordel cette année. Le délire de Seth Rogen et James Franco s’est transformé en cataclysme, comme Hollywood n’en avait pas connu depuis des années. Pourtant le duo ne voulait faire d’un délire autour de la Corée du Nord, un Team America sans le talent de Trey Parker.

Leur film, The Interview, a provoqué très vite des réactions de la part de Pyongyang. Sony a reculé un peu, ne prenant pas vraiment les menaces nord-coréennes au sérieux. Mais voilà, fin novembre, Sony Pictures a connu un piratage massif d’un groupe de hackers appelés Guardians of Peace.

Chômage technique pour les employés, futurs films balancés sur le net, vols de données comme les cartes bleues, numéros de sécurité sociale, mots de passe… GOP l’annonce : il ne fallait pas s’en prendre à la Corée du Nord et Sony n’arrive pas à reprendre le contrôle. Le FBI entre en jeu et alarme les autres entreprises américaines devant l’efficacité du malware utilisé.

Nous entrons alors dans une phase délicieuse où le contenu des mails envoyés par Sony est dévoilé au grand public. De nombreux projets sont révélés, ainsi que de croustillantes informations sur les acteurs, leurs talents (coucou Angelina Jolie et Spider-Man), le budget alloué à la drogue, etc. Pendant des jours et des jours, nous nous délectons de ces fuites.

Mais voilà l’affaire prend un autre tournant, plus navrant. GOP déclare en effet que le film The Interview ne doit pas sortir à Noël, sous peine de faire connaitre un nouveau 11 septembre. Si le FBI ne prend pas au sérieux ces menaces, Sony panique et annule la sortie de son film, provoquant de très vives réactions à Hollywood, certains y voyant une sérieuse faille dans la liberté artistique et d’expression. Devons-nous céder à toutes les menaces et abandonner nos créations ? La question est posée. Barack Obama condamne également cette décision qui fait la Une de tous les médias.

Le FBI enquête et affirme que les hackers sont Nord-Coréens, aidés par la Chine. Pyongyang réagit officiellement et propose son aide. Tout ceci prend des proportions démesurées.

Finalement, Sony fait marche arrière et sort son film dans quelques cinémas. C’est un carton en VOD légale ainsi que sur les plates-formes de téléchargement officieux. Tout ça pour quoi ? Le film est descendu par la critique et le public. On évoque « un attentat à la comédie ». Complètement dépassé par les événements, Seth Rogen en vient même à insulter les médias.  

Pour Sony Pictures, les conséquences risquent d’être importantes, perdant toute crédibilité dans cet événement de l’année.

Et le reste ?

D'autres sujets auraient pu être abordés dans cette rétrospective de l'année ciné : le déclin des films pour ados dans la veine de Hunger Games ou Divergente, le sacre de Matthew Mc Conaughey, Christopher Nolan qui divise, Xavier Dolan qui impose le respect avec Mommy, le relatif échec de Samba, le reboot de The Amazing Spider-Man qui bat de l'aile, l'énorme ratage de Ridley Scott avec Exodus ou encore la conclusion de 13 années de Tolkien au cinéma, avec Peter Jackson qui signe le plus mauvais des six films de la franchise. 

Une année chargée donc, en espérant que la prochaine le soit tout autant. 

Commentaires