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Le point ciné : mars dans nos salles

Lundi, 2 Mars, 2015 - 12:29 (Dernière maj : lun, 02/03/2015 - 12:33)
Le point ciné : mars dans nos salles
Quels sont les films à voir au cinéma en ce tout début de mois de mars ? Quels sont ceux à éviter ? Quelles sont les grosses sorties des semaines à venir ? Voici un rapide coup d’œil.

Le ciel est gris, les températures encore trop basses. C’est donc un temps idéal pour s’enfermer dans une salle obscure. Voici une présentation de ce que vous pouvez aller voir, et ce que vous devez éviter, en se basant sur ce que j’ai vu.

Le patriote : American Sniper

Le dernier Clint Eastwood attire beaucoup de monde en salles. C’est le meilleur démarrage sur notre territoire pour l’antique réalisateur. C’est aussi un gros carton aux USA, puisqu’il va battre le meilleur box-office de l’année 2014, avec plus de 300 millions de dollars dans ses poches. Le film les vaut-il ? La réponse est oui. Ce portrait de Chris Kyle (Bradley Cooper, excellent), basé sur le livre de ce dernier, est efficace, prenant, dur mais peut être pointé du doigt pour deux raisons. La première (dénuée de sens) est l’excès patriotique qui y est dépeint, mais le film traitant de l’engagement de son héros, très patriotique et motivé par cette raison, il ne pouvait en être autrement. La seconde (plus légitime) est le parti pris par Eastwood qui présente Chris Kyle comme un héros, sans aucune nuance. Les opposants à la guerre, aux armes et à la violence avaleront des couleuvres mais cela ne justifie en rien de se priver d’un tel film. Une vraie réussite, non dépourvue de défauts.

L’OVNI : Birdman

Beaucoup ont déjà vu le film, présent sur les plates-formes de téléchargement illégal. Disons le franchement, Birdman mérite un déplacement dans les salles obscures. Oscar du meilleur film la semaine dernière, le film d’Inarritu est une petite chose bourrée de génie, difficile d’accès, unique et admirable. Michael Keaton y interprète un acteur has-been qui refuse de l’être, engagé dans un projet délicat au théatre, dans l’espoir de revivre. Pendant 120 minutes, Inarritu fait un étonnant parallèle entre ce qu’il filme et ce qui est vraiment : Keaton dans l’ombre de Batman, la critique des … critiques, de la popularité (opposée au talent), du conformisme, du Hollywood business, des Oscars (qu’il a gagné), le tout emballé avec une mise en scène remarquable. Birdman laisse un arrière-gout amer, du genre de ceux qu’on regretterait d’avoir néanmoins loupé. Coup de chapeau à Edward Norton et Emma Stone, tout aussi bon que Keaton.

La surprise déjantée : Kingsman – Services secrets

Avec Kick-Ass, Matthew Vaughn avait surpris. Avec Kingsman, il confirme, s’améliore, sans jamais trahir le film qui l’a révélé. Le parallèle entre les deux films est évident : scènes d’action étonnantes, scénario déjanté, pétages de plombs maitrisés, casting réussi où se mêlent nouvelles têtes et acteurs de renom. On y découvre une agence secrète anglaise, les Kingsman, par le biais d’un excellent Colin Firth et de sa recrue, Taron Egerton, futur grand. Le film enchaine les scènes sidérantes, tant par leur violence que par leur maitrise, jusqu’à se lâcher complétement, dans un second degré délicieux. Nerveux au possible, Kingsman pourrait bien devenir une référence du genre. C’est en tout cas une copie bien plus réussie que Kick-Ass.

Le biopic : Imitation Game

Ce portrait d’Alan Turing, papa de l’informatique, génie incompris et ignoré qui a décodé le code nazi Enigma, est un délicieux piège. Derrière cette présentation très réussie du personnage se glissent d’autres messages et critiques d’une époque odieuse avec les femmes et les homosexuels. Le sujet y est passionnant, Benedict Cumberbatch y est très bon et la fin brutale, douloureuse. A voir.

Pour les nostalgiques : Bis

Le dernier film de Dominique Farrugia n’est pas un ratage et c’est déjà une bonne chose. Kad Merad et Frank Dubosc (plutôt bons) retournent en 1986, l’année de leur bac. Comédie convenue, sans surprise mais efficace, elle prend une toute autre saveur si vous êtes de l’époque concernée. Les références à ce que nous avons vécu, cette nostalgie évidente, nous font passer un agréable moment même si cela ne dure qu’un temps. Alexandra Lamy y est discrète mais envoutante.

Le manque d’audace : Les Nouveaux Héros

Le dernier Disney avait tout pour nous emballer : un trailer très réussi, une association Disney / Marvel, l’héritage des dernières réussites (Raiponce, La Reine des Neiges), les modèles DreamWorks, très malins en terme d’humour. Mais voilà, Disney n’a pris aucun risque. Son dernier bébé est donc totalement convenu, drôle mais pas impertinent, avec un scénario trop classique et de bien trop longues phases d’action là pour combler tant de lacunes. Loin d’être mauvais, c’est en tout cas une grosse déception.

Le désespoir : Projet Almanac

On ne rigole pas avec les voyages dans le temps au cinéma. Nous avons tous vu les modèles du genre et les problématiques qu’ils soulèvent, les conséquences sur le passé, le présent et le futur. Projet Almanac s’assoit dessus. Des adolescents, filmés avec un camescope, découvrent une machine à remonter le temps dans une cave. Ils la customisent avec une Xbox 360 et vont faire les cons dans le passé, embrouillant le spectateur dans un trop plein de conséquences invraisemblables. C’est con, sans surprise, incohérent, avec son lot de placement de produits (coucou la canette de Redbull qui vole au ralenti). Bref, c’est un film MTV produit par Michael Bay. Le plus triste, c’est qu’il pourrait bien devenir une référence pour les plus jeunes.

La niaiserie française : Un village presque parfait

L’idée de départ pouvait être sympa : un petit village à l’agonie, avec ses villageois au RSA, fait tout pour convaincre un médecin d’emménager avec d’obtenir une aide économique de Bruxelles. S’enchaine alors toute une série de gags et situations improbables. Le tout est emmené par un casting peu rassurant, avec Didier Bourdon et Lorant Deutsch. On pouvait y trouver une comédie française sympathique, mais c’est raté. Face à ce téléfilm gras digne d’un samedi soir sur France 3, on agonise devant tant de niaiserie, de clichés beaufs, même si on lâche quelques sourires ici et là.

A venir

Le mois de mars est plutôt calme, avec au final peu de nouveaux films comparés aux deux premiers mois de l’année 2015.

Dès mercredi, il y aura néanmoins deux films à ne pas rater : le nouveau Neill Blomkamp (District 9, Alien 5), Chappie sur un robot doté d’une conscience, ainsi que le dernier Paul Thomas Anderson (Magnolia, The Master), Inherent Vice avec un casting fou dont Joaquim Phoenix.

Un biopic sur Martin Luther King, Selma, arrive le 11 mars, même jour que Lazarus Effect avec Olivia Wilde et des morts-vivants, et le nouveau Marjane Satrapi, The Voices, avec Ryan Reynolds en taré. Liam Neeson nous offrira un faux nouveau Taken, dans Night Run.

La suite de Divergente aura fort à faire le 18 mars, puisqu’il sera opposé au nouveau Tim Burton, Big Eyes (avec Amy Adams), et au nouveau Michael Mann, Hacker, un film attendu centré sur … les hackers.

Mars se terminera avec la relecture de Cendrillon signé Disney, un film live avec Lily James de Downton Abbey. Will Smith et Margot Robbie seront également de la partie avec Diversion.

Peu de films donc, mais de quoi passer de bons moments tout de même. 

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