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Le Point Ciné : Avril et ses films

Samedi, 25 Avril, 2015 - 18:45 (Dernière maj : sam, 25/04/2015 - 22:59)
Le Point Ciné : Avril et ses films
Quels sont les bons films à voir actuellement ? Quels sont ceux à éviter ? Quelles sont les grosses sorties en cette fin de mois ? Voici le second Point Ciné.

Bon, ok, le point ciné arrive un peu tard puisqu’il était prévu pour le début du mois d’avril, afin d’accompagner les œufs de Pâques, mais puisque les cloches ne m’en ont pas apporté, le Point Ciné s’est perdu dans les méandres des internets. Mieux vaut tard que jamais. Avec une quarantaine de films vus depuis début mars, voilà de quoi faire un bilan de ce qui occupe nos salles obscures en ce moment.

Le gros machin : Avengers – l’ère d’Ultron

La suite tant attendue d’Avengers est enfin arrivée. Dire qu’on l’a attendu est un euphémisme. Que vaut-il ? Trop brouillon, trop nerveux, Age of Ultron ravage la surface sans entrer dans les détails, sans s’arrêter sur ses personnages, sans réellement enrichir le Marvel Cinematic Universe. Il reste un bon divertissement, dans la droite lignée des films actuels de la franchise, comme Thor 2 ou Iron Man 3. C’est loin d’être suffisant donc. Vous pouvez retrouver ma critique ici.

Le WTF populaire : Fast and Furious 7

Le septième volet de la saga F&F n’a plus d’équivalent avec les premiers épisodes et se démarque nettement du précèdent. Surréaliste, explosif, nerveux, bling-bling, cliché, le film surenchérit toujours un peu plus, de scène en scène, avec cet unique désir de satisfaire son large public, venu pour se faire décoiffer pour le spectacle. Il y parvient parfaitement même si le film est objectivement très con. L’hommage à Paul Walker ne déçoit pas.

Le bijou d’animation : Shaun le Mouton

En 1995, les papas de Wallace et Gromit sortent une série en pâte à modeler centré sur un petit mouton, ses amis et sa vie à la ferme. Plus de 120 épisodes de 7 minutes chacun, et Shaun débarque au cinéma pour un long métrage qui fera date. Beau, drôle, touchant, sans parole, très fin et extrêmement envoutant, le film de Mark Burton et Richard Starzack s’invite dans la cour des très grands de l’animation grand public. Une vraie claque pleine de douceur.

La perle tricolore : A trois on y va

Le nouveau film du méconnu Jérôme Bonnell est une surprise. Centrée sur un trio amoureux bourré de charme et de justesse, cette comédie romantique transpire le vrai et la tendresse, là où bien d’autres n’accumulent que les clichés et les maladresses. Sorti discrètement, le film n’en est pas moins le meilleur du mois passé à mes yeux, avec un trio d’acteurs impeccables : Anaïs Demoustier (déjà déesse du cinéma français), Felix Moati et Sophie Verbeeck.

L’essai réussi : Lost River

Les débuts de Ryan Gosling derrière la caméra n’ont pas été simples : présenté à Cannes, son film a été sifflé. On évoquait alors une sortie direct-to-DVD, d’autant que Lost River n’a pas eu de date de sortie pendant longtemps. Ce printemps 2015 est le sien : après une arrivée aux USA, le film débarque en France avec un Gosling qui y croit. Il a raison. Brumeux, difficile d’accès, avec une curieuse et opaque intrigue, Lost River s’offre tout de même une mise en scène remarquable aidée par une distribution qui l’est tout autant : Christina Hendricks, Saoirse Ronan, Iain De Caestecker, Ben Mendelsohn, Reda Kateb, Eva Mendes (Madame Gosling) et le Doctor Who Matt Smith sont très bons. On se laisse alors envouter dans ce voyage onirique au cœur de la pauvreté américaine. La bande originale, signée Johnny Jewel, est excellente. Ryan Gosling continue donc d’agacer. Il sait tout faire ce con.

Un drame touchant : En équilibre

Albert Dupontel et Cécile de France partagent l'affiche d'une comédie dramatique pleine de charme. En équilibre retrace le parcours d'un homme brisé suite à un accident de cheval, et d'une femme qui s'ennuie dans sa famille et son métier. Jamais pensant, centré sur le courage, le refus du renoncement, l'amour, le film de Denis Dercourt est juste et brillamment emmené par ses acteurs (surtout Albert Dupontel, encore une fois très bon).

L’étonnant Disney : Cendrillon

Ma réserve de sac à vomis, achetée spécialement pour la projection de Cendrillon, ne m’aura servi à rien. L’adaptation live du classique du monstre Disney est plutôt réussie et il faut donc le souligner. Emmené par Lily James, l’actrice de Downton Abbey, le film évite tous les travers qu’on pouvait lui prêter. Ses personnages n’en font pas trop, l’intrigue ne s’abandonne pas totalement dans la niaiserie. Sans surprise, destiné à un jeune public, Cendrillon n’en reste pas moins rondement maitrisé par un Kenneth Branagh qui tente de nous faire oublier Thor.  Coup de chapeau à Lily James et Richard Madden (Robb Stark) qui effectuent brillamment leur transition vers le grand écran.

Le biopic : Selma

Injustement boudé par les Oscars, le film Selma est un film académique à haute portée didactique. Un film utile et réussi en somme. Il retrace le combat de Martin Luther King autour de la cité de Selma (Alabama) où se cristallisent de nombreuses tensions autour des inégalités et du rejet des afro-américains par des blancs profondément racistes. Son acteur principal, David Oyelowo, est impeccable. Il incarne un Martin Luther King charismatique, un symbole suivi, mais aussi un être fragile, dans le doute, imparfait.

Le Burton : Big Eyes

Enfin ! Tim Burton abandonne son style burlesque (et Johnny Deep) le temps d’un film intéressant sur un sujet finalement méconnu : l’usurpation d’identité opéré par Walter Keane, « artiste » s’étant approprié les célèbres Big Eyes de sa femme Margaret. Tim Burton n’en fait pas des tonnes dans ce conte sans surprise emmené par une Amy Adams des grands jours et un Christoph Waltz agaçant (une première). Le meilleur film live de Burton depuis Big Fish.

Le Russell Crowe : La promesse d’une vie

Acteur, chanteur et maintenant réalisateur : Russell Crowe passe derrière la caméra pour un film historique inspiré de faits réels. On y suit le chemin de croix d’un père de famille dont l’épouse s’est suicidée suite à la disparition de leurs trois fils à Gallipoli en 1945. Il part alors sur place, une fois la guerre terminée, pour retrouver leur corps. Le sujet est original, d’autant qu’il place l’Empire Ottoman au cœur des événements. Crowe s’emmêle tout de même les pinceaux lorsqu’il aborde la naissance des sentiments entre son personnage et celui d’Olga Kurylenko. Un joli film imparfait.

Le Gone Girl du pauvre : Dark Places

Ce thriller, emmené par Charlize Theron et réalisé par le Français Gilles Paquet-Brenner, est une adaptation d’un roman de Gillian Flynn, autour de Gone Girl. On pouvait donc s’attendre au meilleur mais le film ne s’approche jamais du dernier David Fincher, douloureux élément de comparaison. L’intrigue ne captive pas et finit par grandement décevoir en optant pour la facilité. Côté interprétation, gros point noir pour Chloé Moretz, détestable et si loin de Laisse-moi entrer et même Kick-Ass.

Le bug dans la matrice : Hacker

Michael Mann est une référence. Heat, Collateral, Révélations, c’est lui. Quand il débarque sur nos écrans avec un sujet aussi d’actualité que la cybercriminalité, on ne peut être qu’intrigué et excité. Mal nous en a pris. Emmené par Chris Hemsworth (Thor), Viola Davis et la ravissante Wei Tang (objet du scandale en Chine depuis Lust, Caution), le film trace une inexorable route vers la corbeille, oubliant son propre sujet pour tomber dans le film d’action cliché sans saveur ni talent. Un étonnant ratage.

A éviter également : Robin des Bois, la véritable histoire, Pourquoi j’ai pas mangé mon père ?, Lazarus Effect et En route !

Ces films que je n'ai point encore visionné : Les gorilles, Enfant 44, Good Kill, Caprice, Broadway TherapyEverything will be fine, Jamais de la vie, Entre amis.

Bientôt à l’écran

Après une armée perse de films sortis les dernières semaines, les prétendants sont moins nombreux à se présenter mercredi. Le film « événement » est sans aucun doute l’adaptation de la série de Canal + Connasse, toujours avec Camille Cottin. Nos femmes rassemble à l’écran trois figures majeures du cinéma français : Daniel Auteuil, Thierry Lhermitte et Richard Berry pour un sujet laissant pour le moins sceptique. Ouija sera un énième film d’horreur du genre. Mais ne nous le cachons pas, on attend surtout mai avec le très attendu Mad Max : Fury Road.

Retrouvez également le Point Ciné de Mars 2015.

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