SVP Utilisez une version d'Internet Explorer plus récente ou choisissez un autre navigateur.

Auteur

Partager

Le corps de Scarlett Johansson, objet de promotion

Lundi, 7 Avril, 2014 - 10:43 (Dernière maj : mar, 08/04/2014 - 18:42)
Le corps de Scarlett Johansson, objet de promotion
Le film anglais Under the Skin innove complètement en matière de promotion. S’il a l’air vraiment intéressant, ce qui fait parler repose essentiellement sur les apparitions dénudées de son héroïne : Scarlett Johansson.

Under The Skin est un film de Jonathan Glazer, un inconnu de nos salles obscures, réalisateur de clips, pour Radiohead notamment.

Futuriste, il conte les péripéties d’une demoiselle envoutante qui s’avère être apparemment un alien qui aime la chair humaine. Sombre, très stylisé, ce film intrigue et attire par le biais de bandes annonces efficaces et grâce à la présence dans le premier rôle de l’actrice Scarlett Johansson.

« Pouet, pouet, camion »

Présenté au Festival de Venise, le film a rapidement fait parler de lui pour une autre raison. L’actrice américaine y apparait nue à plusieurs reprises. C'est officiellement une première même si des photos volées avaient fait un buzz incroyable en 2011, conduisant à des interdictions de diffusion et des procès. 

Le fait que l’information fuite et soit autant relayé sur internet n’est pas un hasard. Même si la production ne va pas vraiment communiquer dessus à ce moment là, elle a laisser les internautes s’en charger et créer un buzz sur cette nudité assumée et attendue par les fans coquins. Dans l’univers lubrique, c’est un peu un événement, il faut bien le dire.

La diffusion de l’information fut si importante il y a quelques mois, que des sites ayant assisté à la projection n’ont parlé que de ça. Le site américain Recapped évoque minutieusement toutes les apparitions de la belle en tenue d’Adam. Ainsi on apprend que cela aura lieu à quatre reprises dans le film et tous les détails sont donnés (alors ici, il y a un téton droit, là une fesse gauche...). Un papier surréaliste.

Fausse pudeur

Cette communication n'était pas assumée au départ. Mais récemment tout a changé.

Scarlett Johansson en a parlé à de nombreuses reprises (notamment pendant la promo de Captain America 2), parlant de la pression, de son côté pudique, du tournage de ces scènes, de ce qu'elles représentent dans le film. Artistique, c'est certain, mais tout ce discours ne fait que rappeler qu'elle y est nue et qu'il faut aller le voir notamment pour ça.

La production est même allé plus loin en balançant une nouvelle affiche très claire : on y voit les jambes de Scarlett (ou une doublure) avec une culotte qui lui tombe au niveau des chevilles. 

La nudité objet

Ce discours est très efficace (la preuve, on en parle ici aussi).

Film underground, Under The Skin aura bien du mal à exister aux yeux du grand public même s’il s’annonce très prometteur. On évoque un cinéma à la Gaspard Noé chez Glazer, pas ce qu’il y a de plus vendeur, de plus grand public. Les curieux risquent de se déplacer en sachant que Scarlett dévoile tout ou presque.

Mais cela dérange tout de même. Le film utilise le corps de son héroïne comme un argument de vente, sa nudité n’est qu’un objet. Si l’opération s’avère juteuse, d’autres films risquent de vouloir en profiter dans le futur, avec des icônes comme Jennifer Lawrence pour n’en citer qu’une.

La nudité dans ce genre de film fait partie d’un tout, de l’œuvre et n’est pas gênante. Si elle devient un enjeu financier pour gonfler les chiffres au box-office, là c’est déjà bien moins acceptable.

Michael Pitt et Eva Green dans "The Dreamers"

Des exemples à la pelle

Si le cas d’Under The Skin fait parler, car il s’agit de Scarlett Johansson et qu’il y a un passif avec le scandale des photos volées, il n’est pas le premier.

En 2001, Katie Holmes, alors au sommet avec Dawson, apparait nue pour la première fois dans Intuitions de Sam Raimi. Le film est passé inaperçu, mais a tout de même fait parler lors de sa sortie à cause de cette poitrine révélée à l’écran.

Quelques années avant, Tom Cruise et Nicole Kidman avaient marqué les esprits en apparaissant nus et en couple dans la bande-annonce du dernier Stanley Kubrick, Eyes Wide Shut. The Dreamers avait également eu son quart d’heure de gloire grâce aux scènes très osées d’Eva Green.

Récemment, c’est Sur la Route qui a utilisé la nudité de son héroïne pour attirer l’attention sur lui, et pour cause, il s’agissait de Kristen Stewart, alors au top avec Twilight. L'actrice l'a reconnu elle-même, il s'agissait pour elle de se détacher d'une image trop gentille et de forcer Hollywood à la voir autrement.

La nudité, un vrai problème pour Emilia Clarke qui ne veut pas
être cataloguée comme une actrice souvent peu vêtue. 

Sur le petit écran, la nudité des actrices est également un bon argument pour garder les téléspectateurs. Les chaines du câble en abusent ces dernières années, ce que ne peuvent pas faire les gros networks accessibles gratuitement dans l’Amérique puritaine. Dans le pilote d’une série, il n’est pas rare de voir quelques scènes glamour, histoire de conquérir sur la durée un public majoritairement masculin. C’est le cas dans Game Of Thrones avec Daenerys, dans Spartacus, Magic City, Banshee ou récemment Black Sails. Que dire aussi de True Detective dont l’épisode 2 a suscité un grand nombre de réactions suite à la scène de nu de la star de Percy Jackson Alexandra Daddario ? Et House of Cards avec les fesses de Kate Mara (objet d'un véritable culte), touche de glamour en décallage avec le reste de la saison 2?

Le paradoxe, c’est que toutes les productions (ciné ou TV) citées ici n’avaient pas besoin d’enlever le haut pour être appréciées. Même si la nudité y est justifiée et loin d’être scandaleuse (agréable également), on sent tout de même qu’elle est utilisé pour attirer le public. Les coquins.

Terminons avec la bande annonce de ce fameux Under The Skin, au cinéma en juin 2014.

Commentaires