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La Planète des Singes : l'Affrontement - Un blockbuster en bambou

Mardi, 5 Août, 2014 - 17:50 (Dernière maj : mer, 06/08/2014 - 11:31)
La Planète des Singes : l'Affrontement - Un blockbuster en bambou
Quand une technologie humaine avancée rencontre le scénario d'un singe savant.

Dix ans se sont écoulés depuis la libération de la grippe simiesque, créé de toutes pièces dans un laboratoire. L'humanité a été décimé et seules les personnes génétiquement immunisées au virus ont survécues (big up à la diversité génétique comme disait mon prof de SVT). Les singes intelligents dominent désormais le monde, en harmonie avec la nature, tandis que les derniers humains tentent désespérément de survivre. Installés près de San Francisco, César et ses congénères construisent une nouvelle et paisible société avant de rencontrer une colonie humaine à la recherche d'un générateur d'électricité. Pas de bol, le barrage électrique le plus proche se trouve sur le territoire des singes. César et une poignée d'humains vont tout faire pour éviter une guerre interraciale  dévastatrice (non, ce n'est pas sale).

Après le presque-intimiste reboot & prequel & new franchise La Planète des singes : les origines, le réalisateur du spectaculaire Cloverfield et de la sympathique adaptation-sans-trop-se-fouler Laisse-moi entrer se lance dans une histoire dramatique sur l'impossible paix entre l'Homme et la nature. Si toute la communication du film fut axée sur la motion capture et Andry Serkis (qui commence à prendre sérieusement le melon avec sa précieuuuuuuuse technologie fétiche), ce n'est pas pour rien : La Planète des Singes - l'Affrontement ne propose guère plus qu'un blockbuster classique en 3 actes, efficace, surprenant par sa qualité visuelle mais décevant d'un point de vue narratif.

Construit sur le principe du miroir, le scénario de LPDS se repose sur deux familles. D'un côté César, chef charismatique en qui s'incarne l'espoir de tous les singes, est épaulé par sa femme, son fils et son compagnon bonobo Koba. De l'autre, Malcom (Jason Clarke), dernier espoir de la colonie de San Francisco, également épaulé par sa femme, son fils et son ami Dreyfus (Gary Oldman). Les deux héros, convaincus d'oeuvrer pour le meilleur, vont devoir s'entraider tout en rassurant leurs congénères afin de maintenir la paix. Jusqu'à ce que ce qui est annoncé par la bande-annonce finisse par arriver. Quand Hollywood ne peut s'empêcher de spoiler la totalité de son film afin d'attirer le plus de spectateurs dans les salles... Une façon de faire bien trop répandue de nos jours.

Ceci étant, nul doute qu'un film peut transporter ses spectateurs malgré une fin connue d'avance (cf : tous les films historiques). Malheureusement, LPDS manque d'une petite chose pourtant essentielle dans le monde du cinéma : un bon casting. Si les singes sont magnifiques et crédibles (et pas seulement César), les humains, emmenés par des acteurs de seconde zone, peinent à inspirer une quelconque émotion. Le charisme additionné de Jason Clarke, Keri Russell et Kodi Smit-McPhee ne dépasse pas celui de deux huîtres malades. Mention spéciale pour Jason Clarke dont l'unique subtilité de son jeu d'acteur consiste à commencer toutes ses phrases par "Je suis désolé / Je sais que je ne devrais pas mais" tout en mettant les mains en avant. Un chaton au bord des larmes aurait certainement suscité davantage d'empathie comparé au dernier espoir d'une civilisation humaine au bord de l'extinction ici présent... Quant à Gary Oldman, il tente tant bien que mal de sauver le casting du naufrage et s'en sort plutôt bien, même lorsqu'on lui refile une belle grosse scène de placement produit. C'est sûr que n'importe qui aurait craqué en se retrouvant devant un iPad aussi sale.

Un messager qui aurait véritablement pu sauver l'humanité !

La critique peut sembler pessimiste et pourtant ce deuxième volet du reboot de la Planète des Singes n'est pas mauvais. Cet épisode a l'avantage d'éviter toute forme de manichéisme (chose assez rare pour un blockbuster hollywoodien) et d'être bluffant techniquement. Sans révolutionner l'utilisation de la motion capture, le film Les Origines était déjà convaincant sur ce point, l'Affrontement amène cette technologie à un niveau encore jamais atteint !

Néanmoins, LPDS pèche par son manque d'ambition narrative et par un casting complètement raté pour les humains. Matt Reeves, le réalisateur, aurait mieux fait de passer un peu moins de temps devant les documentaires animaliers et un peu plus sur son script. En espérant qu'il se sorte un peu les doigts pour le troisième volet dont il écrit le scénario.

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