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Godzilla - La monstrueuse déception

Vendredi, 16 Mai, 2014 - 16:58 (Dernière maj : sam, 17/05/2014 - 14:43)
Godzilla - La monstrueuse déception
Attendu comme le gigantesque messie des films de Kaiju, Godzilla me faisait saliver. Après la séance, il ne laisse qu’un goût amer et la bouche sèche. Retour sur un Godzilla qui laisse perplexe.

L’énorme sortie médiatique de Godzilla cette semaine n’a pas échappé à Crushover. Aerik et moi-même avons sauté sur le nouveau blockbuster qui fait parler et nous partageons notre avis dans deux articles distincts pour vous aider à vous faire une idée. Malheureusement pour vous, nous nous retrouvons sur bien des points.

Tombé sous le charme inconditionnel de Pacific Rim, je ne pouvais que douter du nouveau Godzilla annoncé. Comment pouvait-il aller encore plus loin dans le spectacle pop-corn, la destruction de masse et l’excessive taille de ses protagonistes. Il ne pouvait pas. Après diffusion des premiers trailers, l’emballement général pour le nouveau film de Gareth Edwards ne m’a pas épargné. Je voulais en être. On y retrouvait déjà l’intimisme de son précédent film, Monster, sa touche personnelle, son désir de nous plonger dans le chaos et la destruction. Le séduisant casting ne pouvait qu’enfoncer le clou.

Malheureusement, Godzilla ne remplit pas sa part du marché. Il n’est en tout cas pas ce que nous attendions. Mais Godzilla c’est quoi ? La nature même de ce film est en soi un sacré problème. Il ne s’agit pas tellement d’un film de gros monstres, mais plutôt l’histoire de militaires patoches témoins d’un combat entre géants.

Bryan Cranston a perdu sa femme dans une attaque sur une centrale au Japon. La version officielle parle d’un accident. Il n’y croit pas et il a raison. Quinze ans plus tard, son fils, Aaron Taylor-Johnson (Kick-Ass) le retrouve sur les lieux du drame pour enfin découvrir la vérité. Les autorités y cachent un monstrueux animal dont l’origine est encore plus ancienne que les Dinosaures. Il ne s’agit pas de Godzilla, mais d’un Muto.

C’est là toute l’originalité de ce Godzilla-là, bien loin de celui d’Emmerich : le mal est autre, Godzilla est la solution. Voilà un vibrant hommage aux premiers films japonais sur l’animal, ceux qui l’opposaient à toute une faune monstrueuse et menaçante.

Si l’idée de départ est séduisante, comme la qualité de la mise en scène, il y a tout de suite un souci auquel n’échappera jamais le film : on y croit pas une seule seconde. L’origine des monstres, la sainte mission de Godzilla, le rôle des militaires et des héros, rien n’est crédible. Rien ne captive. Rien n’affecte. Pourtant, Edwards essaie, s’acharne, mais rien n’y fait. Explications incohérentes, aucune profondeur chez les personnages, raccourcis grotesques, tout y est pour nous éloigner de son sujet. On regarde, on subit parfois, on sort et on encaisse sa frustration.

L’image est soignée, mais pas son contenu. On se sent méprisé. Comment, par exemple, peuvent-ils nous faire croire qu’ils peuvent perdre la trace d’un animal de 200 mètres en quelques secondes. Ne sommes-nous pas à l’heure où la NSA peut savoir ce que vous avez mangé ce midi ? L’homme ne dispose-t-il pas également d’un armement suffisamment évolué pour pouvoir abattre un Muto de 90 mètres sans en venir à des solutions extrêmes et démesurées ?

Ajoutons à cela une autre déroute du film : son casting. Séduisant au possible, il apparait comme celui le moins bien exploité depuis des lustres. Bryan Cranston n’a pas eu un rôle aussi anecdotique depuis qu’il a enfilé le costume de Walter White. Aaron-Taylor Johnson n’a aucune profondeur. Comble du comble, la divine Elizabeth Olsen n’est qu’une plante verte, rarement à l’écran, alors qu’elle mérite tellement mieux. Même Ken Watanabe arrive à n’être qu’une pâle ombre dans ce décor de destruction.

Il reste alors au film ses scènes d’action, filmées avec classe. Pourtant, elles s’enchainent souvent sans saveur et frustrent beaucoup. À plusieurs reprises, Edwards prive le spectateur de ce qu’il veut voir, passant au plan suivant, loin du chaos, pour continuer de nous faire suivre les risibles et ennuyeuses péripéties de ses protagonistes. Les vingt dernières minutes ne sont qu’un festival de destruction, mais le mal a déjà été fait. Godzilla a raté le coche. Il montre sans toucher.

Voilà là une bien grande déception. Pas un mauvais film, mais si loin des attentes. Roland Emmerich n’a finalement pas vraiment à rougir et Pacific Rim a encore de belles heures devant lui. 

Si vous n'en avez pas assez, nous vous invitons à lire la critique bien moins clémente de l'ami Aerik.

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