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Fauve ≠ Fauve

Mardi, 25 Février, 2014 - 22:23 (Dernière maj : ven, 28/03/2014 - 18:35)
Fauve ≠ Fauve
Crédits image : Christophe Chammartin
Vous connaissez ce collectif français originaire de Paris présent sur plusieurs tableaux tels que la musique, la vidéo, les photos et surtout le texte dénommé Fauve ≠ ? Très bien, vous êtes "in" et le concept de Spoken Word n’a plus aucun secret pour vous mais connaissez-vous Nicolas Julliard ?

Nicolas Julliard est un musicien suisse de 35 ans, son style musical est proche de la pop-rock de Thom Yorke. Il produit de la musique depuis 1999, année durant laquelle il fonde son propre label : Snowcat Records.

Pourquoi vous parler de lui ? Et bien tout simplement car il est plus connu sous le nom de « Fauve », ou plutôt, il était plus connu car depuis l’engouement médiatique pour le collectif Fauve ≠, Nicolas Julliard a énormément de mal à utiliser son pseudonyme sans qu’un doute s’installe.

Voici la déclaration qu’il a faite le 30 janvier 2014 :

« Ce soir, je viens de chanter pour la dernière fois sous le nom de Fauve. Ce nom d’artiste n’est plus le mien. Le jeu s’achève, poker menteur.

Le deuil n’est pas facile à faire. Depuis deux ans, je vis avec cette douleur. La découverte, d’abord, au hasard du web, d’une vidéo d’un Fauve qui n’est pas moi. Contact par Facebook, début de discussion. Je tente de leur faire comprendre la situation: depuis 2004, j’ai publié 3 albums de pop anglophone sous ce nom, sur un label indépendant. J’ai donné de nombreux concerts, en Suisse et en France, ai eu les louanges de la presse spécialisée (dont Les Inrocks) et de nombreux musiciens. Bien sûr, mes ventes de disques se comptent en milliers d’exemplaires, pas en millions. Succès trop confidentiel pour inspirer le respect

Malgré mes demandes répétées, alors qu’il n’existe encore que par deux vidéos, le collectif français ne voit pas la nécessité de changer de nom. Et tandis que son succès va croissant, la confusion que je redoutais s’installe. Des chroniqueurs confondent l’un et l’autre. Dans la rue, des gens m’arrêtent pour me féliciter, croyant reconnaître l’auteur invisible de "Kané" ou de "Nuits fauves". Je passe sur la souffrance quotidienne de voir grandir le phénomène, l’humiliation de se voir proposer de faire leur première partie, « parce que Fauve et Fauve, ça serait rigolo ».

Au-delà de ce que je vis comme une dépossession profonde, je m’interroge. Un nom d’artiste, unique et précieux, est-il aujourd’hui soumis au régime du libéralisme le plus sauvage, à la loi du plus fort? Qui n’a pas les moyens d’engager des démarches juridiques peut-il se faire voler ce nom avec lequel il vit depuis dix ans, ce nom qui devient prénom à force d’être assimilé à soi ? Oui, Fauve ≠ a tué Fauve. Ma musique vivra, ailleurs, sous un autre nom. Il y a du sang, sur la pochette de leur album. Ne cherchez pas plus loin. »

Voilà comment on peut assister à la mort d’un pseudonyme, il est évident que Nicolas Julliard continuera sa belle aventure pop. Écrasé par l’ampleur du phénomène Fauve ≠, le chanteur suisse abandonne aujourd’hui son nom de scène pour mieux renaître de ses cendres et qui sait ? Peut-être que cette mésaventure lui permettra une petite couverture médiatique nécessaire à tout bon succès qui se respecte.

Je connaissais bien évidement le groupe Fauve ≠, et c’est en faisant ces recherches pour cet article que j’ai découvert l’univers musical de Nicolas Julliard et je ne dois pas être le seul, je pense comme on dit dans mon jargon de gamer que c’est "worth it". Et vous ? Connaissiez-vous Fauve avant Fauve ≠ ?

Sources : tdg, wikipedia, les inroks

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