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Evolve - Le nouveau chaînon

Mercredi, 5 Novembre, 2014 - 18:42 (Dernière maj : mer, 05/11/2014 - 18:46)
Evolve - Le nouveau chaînon
Turtle Rock, le studio qui a redéfini le FPS multijoueur avec Left 4 Dead, reviendra en février 2015 avec leur nouveau bébé : Evolve.

Nouveau jeu, nouveau concept : quatre chasseurs coopèrent afin de traquer un monstre puissant sur une carte fermée. Nous nous retrouvons donc avec un gameplay asymétrique basé sur un affrontement à 4 contre 1. Cet alpha fut l’occasion de constater que, malgré sa solitude, le monstre a de la répartie !

Un match d’Evolve se résume en deux choses : d’un côté les chasseurs qui doivent traquer le monstre et l’éliminer ; de l’autre le monstre, obligé de fuir et de se nourrir afin de gagner en puissance. La partie s’arrête lorsque tous les chasseurs sont morts, lorsque le monstre est vaincu ou lorsque ce dernier arrive à détruire le générateur présent sur la carte, accessible uniquement une fois le niveau 3 atteint. En effet, si les chasseurs ne gagnent pas de niveau au cours d’une partie, le monstre doit se nourrir des animaux sauvages pour gagner des forces et acquérir des compétences. Au niveau 1, le monstre n’a aucune chance de réussir à éliminer les chasseurs ; le niveau 2 lui confère plus de puissance mais il risque fort de périr ; alors que le niveau 3 fait de lui une bête redoutable, capable de décimer un joueur en deux coups. Les chasseurs sont prévenus, il va falloir se bouger le cul s’ils ne veulent pas finir en steak tartare.

Ces derniers disposent de multiples gadgets pour chasser et tuer le monstre. Contrairement à Left 4 Dead, où incarner tel ou tel personnage ne fait aucune différence, chaque joueur doit choisir sa classe préférée parmi quatre et chacune possède un pouvoir spécial : Assaut (le bourrin de service qui se rend immortel pendant une courte durée), Trappeur (qui peut débusquer la bête grâce à son chien et empêcher le monstre de s’enfuir en créant une arène), Soigneur (qui envoie des vagues de soin autour de lui), et le Soutien (qui rend invisible ses proches coéquipiers afin de fuir ou de temporiser un combat, une classe fourre-tout aussi bien défensive qu’offensive). Sans véritable surprise, la classe la moins fun se retrouve être l’Assaut. Cette parodie du soldat russe se limite à tirer comme un bœuf, tout en espérant que le monstre se jette sur vous et non sur vos coéquipiers. Vous transportez bien quelques mines à disperser sur la carte mais il faudra attendre que la bête daigne attaquer le générateur une fois le niveau 3 atteint pour en tirer une véritable utilité.

De son côté, le monstre peut compter sur quatre compétences pour atteindre son but. La petite subtilité réside dans le choix entre deux monstres : Goliath et Kraken. Le premier ressemble méchamment au Tank de Left 4 Dead et aime foncer dans le tas en balançant des rochers, alors que le deuxième est le fils de Cthulhu, efficace à distance grâce à ses projections électriques.

"Release the Kraken!"

Une partie débute sur la fuite du monstre qui bénéficie de quelques secondes d’avance, pendant que les chasseurs tapent la discute dans le vaisseau, une intelligente façon d’étoffer l’univers à la manière des dialogues de L4D. Une fois au sol, les chasseurs doivent suivre les traces laissées par la bête, anticiper ses mouvements afin de la piéger et lui coller un maximum de balles dans le corps avant leur prochain affrontement. En effet, le monstre est suffisant résistant et rapide pour ne pas succomber dès la première rencontre et ce même au niveau 1. En revanche, encaisser des dégâts en début de partie réduit petit à petit les chances de remporter le match, le monstre pouvant régénérer son armure et ses points de vie au prix d’un (trop) grand festin. Les principales chances de survie du monstre résident donc dans la fuite et la maîtrise de l’art du camouflage. À ce propos, les chasseurs ont bien du mal à rattraper un monstre en pleine course, ce dernier pouvant effectuer de grands bonds pour échapper à ses agresseurs. En revanche, ils ne sont pas totalement démunis et possèdent chacun un jetpack, fort utile pour se propulser rapidement en avant ou escalader les rochers. Quant à L’environnement, il est hostile pour les chasseurs avec ses crapauds géants et autres plantes carnivores, et nourricier mais fourbe pour le monstre, qui doit faire attention à ne pas effrayer les oiseaux s’il ne veut pas révéler sa position. De plus, les deux camps peuvent s’arroger de précieux buffs temporaires en massacrant des créatures neutres.

Ceci n'est même pas le monstre principal, juste une simple créature présente sur la carte. Se déplacer seul mène souvent à une mort stupide et soudaine.

Même si l’on peut difficilement parler de « partie typique », un match se termine généralement après quelques affrontements épiques grâce au dôme du Trappeur, la bête étant prise au piège. Tout dépend ensuite du niveau que le joueur solo a réussi à atteindre. Les chasseurs n’ont aucune contrainte matérielle : munitions illimitées, simple cooldown pour les pouvoirs uniques, respawn en moins de deux minutes… Clairement, l’escouade détient l’ascendant tout au long de la partie et le monstre ne peut que s’affaiblir en se battant avant le niveau 3. Néanmoins, une fois le niveau 3 atteint, les rôles s’inversent et la bête peut enfin se mettre en chasse ! Forcément, les sensations sont bien différentes d’un camp à l’autre. Les chasseurs, constamment en alerte, guettent le moindre vol d’oiseaux déclenché par les mouvements du monstre, surveillent les avertisseurs sonores posés par le Trappeur et tentent d’acculer la bête. A l’inverse, le monstre est sous pression et doit réussir à s’alimenter tout en gardant une bonne distance avec les chasseurs. Un rôle stressant, qui donne des sueurs froides, mais bien plus gratifiant lorsque l’on remporte la partie.

En dehors des matchs, les joueurs gagnent des niveaux, remportent des succès et débloquent des améliorations pour leurs armes et leurs personnages (monstres y compris). Ainsi, un joueur ayant accumulé plusieurs dizaines de niveaux sera bien plus efficace qu’un débutant, et la différence est palpable lorsque le joueur le plus expérimenté est aux commandes du monstre. Cerise sur le gâteau : chaque classe possède deux personnages avec un gameplay plus ou moins différent. Si le deuxième Assaut est presque identique au premier, Lazarus (deuxième Soigneur) ne peut pas soigner ses alliés en continu - contrairement à Val - mais dispose d’une puissante compétence de résurrection (de Lazare) et peut appliquer un grand nombre de malus à la bête. Son gameplay se veut donc bien plus offensif que le simple soigneur planqué.

Le chasseur de Jumanji s'est invité dans Evolve !

Après plus de 9 heures de jeu sur l’alpha, le compte-rendu est sans appel : Evolve est fun et repose sur une idée solide. Toutefois, il souffre du même syndrome que Payday, se révélant bien plus amusant avec des amis. Privilégier le monstre lors de séances de jeu en solitaire semble être le meilleur choix. Son unique défaut à l’heure actuelle, sans compter les mauvais points inhérents à une version alpha (équilibrage à revoir, optimisation bancale, contenu manquant), réside dans le principe même de gameplay asymétrique : bien que le monstre soit la proie, il est bien celui qui mène la danse dans une partie. Un monstre expérimenté saura rendre la tâche difficile pour les chasseurs, voire pénible s’il ne se fait jamais détecter (5 chasseurs sur les 8 sont inutiles en dehors des combats) ; alors qu’un amateur ruinera le plaisir de la chasse en se piégeant rapidement tout seul. Un sentiment d’impuissance peut donc poindre chez les chasseurs qui n’ont d’autres choix que de courir inlassablement, en espérant que le monstre leur donnera un peu de fil à retordre.

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