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Cult’N’Spoil : la Montagne et la Vipère

Mardi, 3 Juin, 2014 - 08:00 (Dernière maj : mar, 03/06/2014 - 08:14)
Cult’N’Spoil : la Montagne et la Vipère
Crédits image : HBO
Épisode très attendu, le numéro 8 de cette saison 4 de Game of Thrones mérite un Cult’N’Spoil et, surtout, vos réactions et commentaires.

La saison 4 de Game of Thrones approche de la fin, et l’épisode 8 restera comme un des plus marquants de la série. 

N’allez surtout pas plus loin dans la lecture de ce papier si vous n’avez pas vu cet épisode, votre déplaisir pourrait être au maximum. Ne jetez pas non plus un œil aux images, tel un petit curieux. Elles peuvent spoiler son contenu.

Surrrrprrriiiiiiiseeeee

Alors ? Vous ne l’avez pas vu venir celle-là hein ?! Ah le fourbe, ce George R.R. Martin !

Retour en arrière. Le duel judiciaire doit sceller le sort du pauvre Tyrion, accusé à tort du meurtre de son gentil neveu Joffrey. Dos au mur, il n’a guère de champion pour sauver sa tête. Oberyn Martell se propose alors de l’être et d’affronter le terrible Gregor Clegane, dit la Montagne. Le genre de mec qui vous coupe définitivement l’envie de faire du ski.

Cet épisode 8 ne cachait pas la présence de ce combat, son titre étant très clair : « The Mountain and the Viper ». Pourtant, il aura fallu le mériter ce duel, car bien évidemment, il est venu conclure une heure riche en information, une heure déjà bien prenante, avec l’avancée des Sauvageons vers Chateaunoir, l’exil de Mormont ou l’épanouissement diabolique de Sansa aux côtés du calculateur Littlefinger. Ce duel est précédé par une délicieuse scène entre Jaime et Tyrion, lente et légère transition avant le fracas des armes. Peter Dinklage y est encore génial, Jaime de plus en plus attachant.

Un sourire sur l'Instagram de Pedro Pascal (Oberyn)

Le moment tant attendu arrive enfin. Oberyn fait face à la Montagne. Le Dornien est à l’aise, même s’il chute à plusieurs reprises et perd son arme. Il finit par prendre le dessus sur le monstre à la solde de Cersei. La Montagne est au sol, blessé. Oberyn a la victoire entre les mains. Enragé, il menace le clan Lannister, il veut sa revanche, il veut des aveux. Il n’est là que pour sa sœur Elia et ses neveux, tués par son adversaire du jour.

Ce désir de justice lui est fatal. Vaincu mais pas mort, La Montagne fait chuter Oberyn en lui attrapant le pied. En l’espace d’un instant, les rôles s’inversent. La Montagne est sur son adversaire et lui enfonce ses pouces dans les orbites. Accompagnant son geste d’un ignoble discours, il écrase la tête du nouveau héros des amoureux de Game of Thrones comme si elle était démunie d’un dur crâne.

Depuis la mort de Joffrey, on pensait que la série allait enfin prendre le chemin de la justice, que trop d’hommes et de femmes innocentes avaient succombé devant nos yeux sous les coups des pourritures de Westeros. Il n’en est rien. Martin n’a aucune pitié pour ses lecteurs, pour ses téléspectateurs. Oberyn est mort. Tyrion est condamné.

Après la décapitation de Ned, après les Noces pourpres, c’est un nouveau coup derrière la nuque porté à tous les fans, complètement médusés.

Pour les lecteurs du livre qui savaient comment cela allait se terminer, l’épisode n’a guère été simple à digérer. Je vous avoue en être sorti tremblotant et avec une boule au ventre. La fièvre qui m’habitait y était surement pour rien. C’était une nouvelle scène très dure, tout simplement cruelle.

Ce que le livre a de plus

Il existe deux grosses différences entre le duel présenté dans l’ouvrage et celui dépeint sur HBO : l’importance d’Oberyn et notre connaissance de ses motivations.

Dans le livre, Oberyn Martell n’est qu’un personnage secondaire parmi tant d’autres, sans réelle importance jusqu’à ce qu’il donne son épée pour défendre Tyrion. On sait que c’est un Dormien exceptionnel, mais il n’est là que pour le mariage de Joffrey, puis pour siéger au Conseil restreint et au procès. Il n’a aucun chapitre à lui. C’est une âme parmi tant d’autres.

L’ouvrage fournit de multiples informations, dans un flot continu. Il est très difficile de s’attarder sur chaque détail, sur chaque histoire évoquée ici et là sur un nombre incalculable de personnages.

D’Oberyn, on ne sait que peu de choses et on s’en fout. Lorsqu’il accepte de devenir le champion de Tyrion, c’est donc une immense surprise. On ne comprend pas vraiment pourquoi. Il prend alors une stature inespérée, d’autant qu’il est bien difficile de comprendre ses motivations. Elles apparaissent clairement à nous lors du combat, quand il raconte, fou de rage, ce que la Montagne a fait à sa famille, à sa sœur tant aimée. La surprise est alors totale, délicieuse.

Combinée à un combat bien plus réussi, plus long, que dans la série et une issue tout aussi surprenante, elle marque, fait jubiler.

Pour être honnête avec vous, ce passage est mon préféré de l’œuvre, le plus prenant, saisissant (avec un autre que j’évoquerais bientôt, très bientôt, dans un prochain Cult’N’Spoil).

La série n’a pas créé cet effet de surprise. C’est un choix. Oberyn et ses intentions sont dévoilés très vite. On sait donc très bien pourquoi il se bat.

La série, bien plus touchante

Si le rôle important d’Oberyn nous prive de cet effet surprenant, il apparait comme un atout hautement indéniable pour l’aspect dramatique du duel judiciaire.

C’est là que le choix opéré par les scénaristes prend tout son sens. C’est là que la série tire son épingle du jeu.

Oberyn est développé tout au long de la saison avec une main de maître. Il s’impose comme le nouveau personnage fort, celui que l’on admire, auquel on s’attache. Il a du charisme, il a la classe, il est libre, il est incontrôlable, il se bat pour une juste cause et c’est aussi le seul à faire face aux Lannister qui nous ont fait tant souffrir. On ne veut plus faire sans.

Sa mort est pour nous bien plus douloureuse que dans le livre. Si le but était de nous toucher, alors le pari est amplement réussi.

La série, bien plus cruelle

Il est important d’évoquer enfin une autre différence entre le livre et la série, plus en retrait, mais contribuant un peu plus à la cruauté de ce duel : Ellaria.

La série a grandement développé le personnage féminin qui partage la vie d’Oberyn. Elle est très présente dans cet épisode, lui demandant de ne pas mourir, s’inquiétant à chaque coup, hurlant d’effroi lors que son bien-aimé s’éteint. Ça n’est pas le cas dans le livre.

Un procédé similaire a été utilisé dans les Noces pourpres. Dans le livre, Robb Stark n’épouse pas une belle infirmière que l’on suit pendant de nombreux épisodes. Il succombe aux charmes d’une jeune noble sans intérêt. On la voit peu et elle ne vient pas avec lui au mariage d’Edmure. Elle ne meurt donc pas, contrairement à Talisa. De plus, comble de l’horreur, cette dernière meurt enceinte, quelques instants après avoir annoncé que son enfant s’appellerait Ned. La série aime donc pousser le vice un peu plus loin pour nous faire souffrir. Bordel, c’est réussi.

Terminons sur un dernier point, surement le plus dur pour moi : Game of Thrones dit adieu à l’acteur Pedro Pascal, fantastique révélation, dans les plus charismatiques de toute cette impressionnante distribution. Il va sacrément manquer et j’espère le revoir très vite à l’écran.

Et dire qu’il y a moins d’un an, il apparaissait sans la moindre réplique dans un épisode de Homeland ! 

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