SVP Utilisez une version d'Internet Explorer plus récente ou choisissez un autre navigateur.

Auteur

Partager

Critique : Vice Versa

Dimanche, 21 Juin, 2015 - 12:15 (Dernière maj : jeu, 09/07/2015 - 17:23)
Critique : Vice Versa
Nombreux sont les éloges et les papiers sur le dernier long métrage de Pixar. Le film étant maintenant sorti, il est l'heure de voir si l'avis des critiques est partagé ou si une trop grande attente a mené à une déception.

Cela faisait deux ans, avec Monstres Academy, la suite de Monstres et cie,  que l'on attendait un nouveau Pixar. Après avoir montré les premières images lors du festival international du film d'animation d'Annecy l'an dernier, puis d'avoir sorti un premier teaser pendant le Superbowl de cette année ; c'est le mois dernier, lors de sa présentation à Cannes (hors concours) qu' Inside Out (titre original de Vice versa, les nombreux québécois visitant le site auront, eux, entendu parler de Sens Dessus Dessous) a été visionné pour la première fois et une grande majorité des critiques l'ont encensé. Voyons aujourd'hui si ces éloges et les notes fantastiques reçues sur de nombreux sites Internet sont justifiés à mes yeux.

Le pitch

Mais que se passe-t-il dans ta tête bougre d'enfant ?

Voilà ce qui pourrait résumer le résumé du teaser du synopsis. Pourquoi simplifier ? Car la psychologie derrière l'histoire du film est plus que poussée et c'est pour cela qu'il est (comme souvent chez Pixar) très difficile pour un jeune public de comprendre l'intégralité des références et des sous-entendus.
C'est exactement le sens de ce film ; Vice Versa nous montre comment à partir de cinq émotions strictes (joie, malheur, dégout, peur et colère) la vie peut être complexe et peut entremêler ces sentiments. Filmception.

Nous nous retrouvons donc dans la tête de Riley, ou plus précisément dans le centre de gestion des émotions et de la mémoire. Cinq personnages représentant les cinq émotions précédemment citées et contrôlent un "ordinateur de bord" leur permettant de déclencher les différentes émotions de Riley et donc d'influer sur sa vie.

Comme chaque enfant, c'est la Joie qui domine allégrement les autres émotions. (Qui ne manquent pas de faire quelques interruptions dans la vie de la petite fille) Jusqu'au jour où l'on se rend compte que le personnage de Tristesse a la capacité de rendre triste des souvenirs en les touchant. (Ah oui car j'ai oublié de vous dire que la mémoire est matérialisée sous la forme d'orbes dont la couleur correspond à chacun des personnages)

Ce "drame" étant arrivé, tout l'objectif des héros du film est dorénavant de rendre Riley à nouveau heureuse et cela se fera obligatoirement par une "évolution" de ses sentiments...

La morale

En cette période de baccalauréat, il est intéressant de noter la composante philosophie de Vice Versa qui pourra symboliser pour certains une manière de voir la vie et de faire la part des choses entre contrôle, inhibition et mélange d'émotions.

Bien évidemment je ne vais pas rentrer dans les détails de la morale traitée par le film car cela pourrait donner trop d’indications quant au contenu de l’intrigue.

Les studios Pixar et Pete Docter réussissent en partant d’un simple film d’animation à créer une source de questionnements, à mettre en avant les difficultés que l’on peut rencontrer et le moyen de contrôler ses sentiments/émotions pour les résoudre. Ils répondent aussi à des questions existentielles de la vie comme « Pourquoi nous souvenons-nous encore aujourd’hui de la musique de la pub McDonald’s de 1999 ? » ou « Pourquoi oublions-nous les cours de mathématiques du collège ? »

Le problème

Le problème se trouve dans la bande originale du film. Elle colle parfaitement au sujet et n'est ni envahissante, ni trop en retrait. Elle est signée par Michael Giacchino, oscarisé pour les musiques de Là-Haut et plus récemment compositeur de la BO de Jurassic World.

Je préviens tout de suite car ce qui va suivre est totalement personnel : l'un des thèmes musicaux récurrents est utilisé lors des visions de différents souvenirs de Riley.
Il n'est composé que des quelques notes, (Jusque-là rien de grave) il n'est pas désagréable et colle relativement bien aux "souvenirs" qu'il rappelle. (Il est où le problème alors ?)

Le problème c'est qu'il ressemble vraiment beaucoup à un titre de Sébastien Tellier sorti l'an dernier : Ricky l'adolescent. (tendez bien l'oreille, ce n'est pas évident mais ce sont bien les mêmes notes)

 

Coïncidence ou plagiat, on ne le saura jamais et beaucoup s'en moqueront surement, le fait est que j'ai chanté le titre de Tellier pendant 1h30...

Conclusion

Avec Vice Versa, Pixar offre une synthèse de ce que le studio a réussi de mieuxjouer avec les émotions des spectateurs (comme dans Là-haut), traiter la complexité et la philosophie d'un scénario (cf. Wall-E), créer un film intéressant sur la jeunesse (cf. Toy Story) et offrir un film drôle. (cf. Le Monde de Nemo).

Vice Versa n’est peut-être pas le meilleur film de Pixar (bien que cela pourrait être contesté et sans manque d’arguments par certains) mais il reste pour autant l’un des films les plus surprenants de cette année et saura à coup sûr nous le rappeler lors des prochaines cérémonies de remises de prix américaines.

Vice Versa

Sortie le 18 juin 2015. Réalisé par Pete Docter. Avec les voix françaises de Charlotte Le Bon, Pierre Niney, Marilou Berry, Mélanie Laurent, Gilles Lellouche... Durée : 1h34. USA, par Disney - Pixar.

Commentaires