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Critique : Narcos saison 1, "...o plomo"

Jeudi, 3 Septembre, 2015 - 19:50 (Dernière maj : jeu, 03/09/2015 - 21:42)
Critique : Narcos saison 1, "...o plomo"
Crédits image : Netflix
Le diabolique et cruel destin de Pablo Escobar arrive sur les écrans de Netflix avec la saison 1 de Narcos, série qui risque fort de marquer les esprits.

Le parcours d'Escobar n'a guère d'équivalent. Le Colombien originaire de Medellin est passé de petit trafiquant doué à parrain incontrôlable qui va mettre à feu et à sang son pays, lui qui se présentait initialement comme le Robin des Bois local. Dans les années 80, des centaines de policiers, de civils et de narcotrafiquants vont mourir dans cette guerre civile provoquée par l'arrivée dans ce pays d'une nouvelle drogue venue du Chili : la cocaïne. 60 millions de dollars par jour dans les poches d'Escobar, cela à de quoi vous faire perdre pied.

Considéré comme le plus puissant et cruel narcotrafiquant, Pablo Escobar intrigue et passionne Hollywood. Plusieurs projets se sont lancés, sans aller au bout ou sans marquer les esprits (Paradise Lost en 2014 avec Benicio Del Toro dans le rôle phare). Avec Narcos, Netflix change la donne et nous propose d'en savoir plus sur l'improbable et sombre chemin emprunté par le trafiquant à la tête du cartel de Medellin.

Annoncée discrètement, la série Narcos n'avait réellement fait parler que pour la présence au casting de Pedro Pascal, connu pour son rôle d'Oberyn Martell dans Game of Thrones. Arrivée fin août sur nos écrans, Narcos s'est violemment installée sur les réseaux sociaux, dans les médias et au centre de nombreuses discussions tant la série surprend. Nous y suivons le parcours du malfrat (interprété par le Brésilien Wagner Moura) conté par l'agent de la DEA Steve Murphy (Boyd Holbrook) chargé de la traque mais également narrateur de ce récit.

Le pilote donne le ton : diablement rythmé, mise en scène soignée, décors dépaysants et distribution solide, il nous plonge immédiatement dans une Colombie fragile vouée à connaître le chaos. Les épisodes suivants se succèdent sans ne rien perdre d'une recette qui fait tout de suite mouche. Le récit est passionnant et la série se montre maligne : pas de sexe opportuniste dans les premières minutes pour capter l'auditoire (cf Banshee, Game of Thrones) et le comportement d'Escobar qui fait régulièrement évoluer notre perception du personnage. C'est étonnant et dérangeant. Le Roi de Medellin apparaît d'abord comme captivant et attachant en trafiquant de génie charismatique que l'on soutient un temps lors de ses déconvenues, puis il se dévoile comme le monstre qu'il était, provoquant chez le téléspectateur un rejet haineux au climax de sa cruauté. A chaque stade de la saison, Wagner Moura est parfait.

Aucun doute sur la grande qualité de cette première saison, mais tout n'est pas parfait. La force de Narcos est également sa faiblesse : l'essentiel repose sur son récit, passionnant un temps, jusqu'aux trois derniers épisodes plus laborieux, plus pesants, comme le quotidien d'Escobar. C'est alors que des personnages secondaires plus étoffés auraient pu permettre à la saison de garder sa puissance. Elle se termine brutalement, ne laissant guère de doute à l'arrivée d'une seconde vague d'épisodes (ce qui a été confirmé ce 03 septembre).

C'est donc sur un clap de fin déroutant que se conclut une première saison surprenante, passionnante, imparfaite, mais néanmoins aux sommets des productions Netflix.

Narcos saison 1 : 4,5/5

"Plata o plomo" (l'argent ou le plomb), deux critiques, deux avis sur la série sur Crushover. Découvrez la partie "Plata" signée Medjaii.

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