SVP Utilisez une version d'Internet Explorer plus récente ou choisissez un autre navigateur.

Auteur

Partager

Captain America 2, le surprenant soldat

Mercredi, 2 Avril, 2014 - 19:29 (Dernière maj : mer, 02/04/2014 - 21:59)
Captain America 2, le surprenant soldat
Crédits image : Marvel
Il a bien caché son jeu derrière son bouclier le Captain America. Pour ses secondes aventures en solo, il nous offre le meilleur des films Marvel, aux côtés d’Avengers. Par ici la critique.

Un super héros trompeur

Les superhéros, c’est une simple question de gout. On apprécie certains, d’autres nous agacent. On a nos préférences et rarement les même que le voisin. Dans l’univers Marvel, Captain America est mon lascar en costume préféré.

Créé en 1940, ce superhéros est avant tout un mec ordinaire, amoureux des valeurs de son pays, loyal, courageux, droit dans ses petites baskets, devenu un super soldat pour défendre les justes causes contre l’oppresseur. Il s’engage notamment contre les nazis avant que son pays le fasse réellement.

Très populaire pour toutes ces raisons, il est logiquement apparu au cinéma dans les nouveaux films Marvel avec un des rôles les plus intéressants. Pourtant, son envol a été pour le moins délicat : il n’a pas été gâté dans son premier film. L’essentiel est là, mais l’intrigue s’effondre vite dans les travers bien connus des films Marvel. Le premier opus ne sort donc pas du lot.

Dans Avengers, Steve Rogers prend du volume. Sa conception des choses, ses valeurs se heurtent à celle d’un monde dans lequel il est projeté, mais qu’il ne comprend pas. Il y apparait comme la bonne conscience, mais aussi l’épaule sur laquelle s’appuyer aux côtés de ses acolytes à l’égo surdimensionné. On est donc loin du playboy bodybuildé en costume bon marché, comme son apparence le laisse penser. On pouvait donc s’attendre à un second opus bien plus intéressant.

Parachutage en terrain miné

Le souci avec Marvel, c’est que l’après-Avengers n’a été que déception, comme si le film de Joss Whedon était un accident, un énorme coup de chance. Pertinent, spectaculaire, léger, il a su séduire le spectateur, là où les films qui lui ont succédé ne nous ont fait que déchanter.

Malgré une bonne idée avec le Mandarin, Iron Man 3 était une catastrophe. Quant à Thor 2, il n’y avait pas grand chose à en retirer : héros sans profondeur, héroïne totalement insipide, intrigue déconnectée des autres films et d’un classicisme affolant.

Captain America 2 arrivait donc en terrain hostile. Les premiers retours n’ont pas eu de quoi me rassurer. Toute la bande de Cult’N’Click a été déçue, comme de nombreuses critiques. Les bandes-annonces n’annonçaient rien de fou. Je m’attendais donc à subir ce film, comme les précédents, en attendant un hypothétique retour en grâce dans Age of Ultron. La bonne nouvelle, c’est que j’allais être enfin complètement d’accord avec les copains. Raté. 

Surprenante et secrète intrigue

Aucun spoiler ici sur l’histoire de ce Captain America 2 – le Soldat de l’Hiver. Pas de panique. Ce film est sans aucun doute le plus délicat à présenter, car toute son intrigue n’est qu’une succession d’éléments dévoilés au compte-goutte et qu’il ne faut révéler avant. Voilà pourquoi nous savions si peu de chose sur ce nouveau film.

Disons simplement que Captain America tente de s’adapter à sa nouvelle époque et fait face aux conséquences de l’attaque new-yorkaise, en travaillant pour le S.H.I.E.L.D, et donc pour Nick Fury, avec Black Widow à ses côtés. Installé dans une routine de superhéros, il tombe alors en plein cœur d’une énorme conspiration qu’il devra abattre. Sur le papier, rien d’extraordinaire, mais détrompez-vous.

Du grand Captain

Ne tournons pas autour du pot. Captain America – le Soldat de l’Hiver est à mes yeux le meilleur Marvel, en dehors d’Avengers. Si le rassemblement des héros donnait lieu à un immense défouloir spectaculaire et bourré d’humour, Captain America 2 séduit pour de tout autres raisons.

Le film propose une intrigue plutôt prenante, plutôt cohérente, parfaitement liée à l’ensemble de l’univers Marvel. Ok, comme toujours, les ficelles sont parfois un peu grosses, certains éléments manquent de crédibilité ou de profondeur. Tous ces défauts peuvent pousser certains à faire un gros bras au film, c'est cohérent. Mais ne perdons pas de vue que c'est un blockbuster avec des oreilles de Mickey.

De ce film, Captain America en sort grandi (même si tout son côté sombre est passé à la trappe). Il s’interroge sur ce qui est bon, sur les raisons qui le poussent à se battre. On pouvait s’attendre à y voir une critique de la société américaine, vue par un mec débarqué des années 40, mais il n’en est rien. Pas de choc des générations ici (dommage). Le problème, l’objet de toutes ses préoccupations, est le S.H.I.E.L.D., son contrôle des populations, son armement. L’organisme de Nick Fury n’est que le reflet des grandes puissances mondiales et Captain America se présente comme le bras armé de la justice populaire, le bouclier contre un Big Brother armé d’un AK47. Bien évidemment, cette critique n’y est qu’effleurée. Nous sommes dans un Marvel made in Disney, il ne faut pas déconner, mais elle est tout de même là.

Le film s’arme donc d’un scénario plus malin, moins évident et différent, autour d’une conspiration et de multiples révélations. Il évite aussi de sombrer dans le cliché, les répliques douteuses (on va pardonner celle sur l’étage 41, un simple moment de faiblesse), les vannes lourdes d’un Tony Stark ou d’une Darcy Lewis (Thor). Steve Rogers n’est pas un clown et tant mieux.

Côté mise en scène, Le Soldat de l’Hiver s’en sort avec les honneurs. C’était aussi un des enjeux du film. La caméra a été confiée aux frères Russo, apôtres de l’humour fin et de la référence à la pop-culture, avec leur bébé, la série Community qu’ils tiennent d’une main de fer avec Dan Harmon (d'où l'apparition d'Abed dans le film). Captain America 2 est leur première réalisation.

Ils remplissent solidement le cahier des charges. Les scènes d’action sont de vraies réussites. La course poursuite avec Nick Fury est une des meilleures de la franchise. La dernière est sans fausse note ou presque. Les coups de bouclier ont sacrement de la gueule. On pourra regretter néanmoins un parti pris trop poussé pour l'explosif au détriment de la profondeur du scénario, mais passons.

Cet opus bichonne globalement ses personnages. Black Widow n’arrive pas à se détacher de son image bimbo sexy trop maquillée et superficielle, mais Scarlett Johansson n’aide pas vraiment. A contrario, Chris Evans incarne un Captain convaincant qu’il sera dur de remplacer quand l’acteur aura terminé son contrat. On aurait pourtant tellement aimé détester ce playboy baraqué, mais rien n’y fait. Il tient la route. La bonne surprise du film vient aussi de ses nouvelles têtes. Callan Mulvey et Frank Grillo ont de la gueule, même s'ils jouent des gorilles pas si malins. Emily VanCamp, héroïne de Revenge, apporte de la fraicheur à l'ensemble même si elle est dénuée de relief. Robert Redford fait oublier Guy Pearce. La Soldat de l’Hiver fait une entrée en scène remarquée, lui qui a signé pour neuf films au total. Il en va de même pour la Sorcière Rouge, rapidement aperçue, ou le Baron Von Strucker. Nick Fury y est moins détestable, alors que le Faucon est la vraie découverte de ce blockbuster.

Marvel a toujours voulu un super héros afro-américain sur ses écrans. La sauce ne prend définitivement pas avec Iron Patriot, là où le Faucon est une jolie réussite. Personnage modeste, assez attachant, car sympa, de second plan, il est introduit dans l’univers Avengers de manière crédible, devenant le second d’un Captain bien servi. Interprété par Anthony Mackie, il apparait comme le bon soldat, commun des mortels, boosté par son armement et son courage.

Les fans regretteront néanmoins qu'il soit aussi différent que dans le Comics, comme dénaturé. 

Affiche parodique, avec American Bluff, par Yahoo

Une introduction à Age of Ultron

La réussite de ce Captain America réside aussi énormément à sa position dans le second arc des Avengers. Dans le premier, c’était essentiellement Thor qui apparaissait comme l’introduction de la grande réunion de famille. On y découvrait Loki et la menace qu’il représentait. Dans ce second arc, le mal, c’est Hydra et Captain America est une parfaite rampe de lancement à Age of Ultron, sur nos écrans en avril 2015.

Il faut dire que Steve Rogers est bien différent de ses copains. Il évolue avec le S.H.I.E.L.D., là où Iron Man fait l’amour avec son égo, et où Thor est happé dans un univers lointain, occupé à donner du charisme à Natalie Portman, à plaire à papa, à faire son brushing et à se prendre le chou avec son frérot.

Ce Captain America est au cœur de l’intrigue Avengers, lui rend hommage à de nombreuses reprises, y développe son univers, introduit ses futurs protagonistes. Il n’est pas un épisode stéréotypé à l’écart. Il est le prologue d’une grande aventure.

Et quel prologue. Loin d'être sans défauts mais surprenant.

Commentaires